La dernière parade risque d’être terrible
En 2019, lors de la saison 2 des gilets jaunes, j’étais allé traîner dans les manifs des deux grandes villes de ma région, non pas tant pour jouer au reporter que pour ressentir ce qui me semblait une forte poussée de ce que je pressentais depuis bien longtemps. J’y ai à la fois rencontré des manifestants très remontés, des personnes effondrées par la casse économique qu’ils subissaient, des passants très apeurés s’enfuir soudainement avec leurs enfants et j’y ai été à quelques reprises pris à partie verbalement.
Je m’étais aussi intéressé à la saison 1 de 2018. Celle-ci m’était alors apparue comme une vraie révolte avec l’énergie propre à ce type de soulèvement. Seule similitude avec celle de 68, car plus populiste et moins idéaliste. Le problème avec une révolte, c’est que ça prend ou ça ne prend pas. En 68, ce que l’on nomme « peuple » n’était déjà plus une entité monolithique du fait des avancées sociales déjà activées bien amont et en 2018, la disparité économique au sein de chaque entité (ouvrier, paysans…) était devenu si grande que cette notion de « peuple » n’était plus qu’une mythologie désamorcée. Ça n’a donc pas pris là aussi tout en constatant que l’une comme l’autre, étaient à leur juste place dans la forme et de ce fait, ont permis des avancées.
La saison 2 a été une prolongation d’une toute autre nature par la tentative de reprise en main opérée par l’extrême gauche venant disputer à l’autre extrême les restes de ce corps fantomatique. Ni révolte spontanée, ni manifestation de revendication en vue de pousser au plus loin des demandes précises avant négociations et compromis. Semaine après semaine, des retraités bien avancés soucieux de leurs fins de mois, très apeurés par leurs nouveaux associés de lutte, masqués, casqués, tout de noir vêtus et armés avec créativité, d’autres désœuvrés débordants d’utopie sauvage, extrême droite et gauche radicale au coude à coude, gilets couverts de sentences furieuses, oriflammes mystérieux… C’est là que cette « pseudo » révolte hebdomadaire a fortement dérivé, de par son renouvellement sans stratégie. Elle n’avait plus que la violence pour la différencier d’un défilé de mode insignifiant. Cette tragi-comédie, malgré le célèbre « on ne lâchera rien », s’est peu à peu délitée, la rendant plus tragique que comique car nourrissant une puissante rancœur. Et pour rien de plus que d’entretenir un climat de détestation qui n’a depuis cessé de grandir.
J’avais alors écrit un texte qui est paru dans la presse régionale. Il s’intitulait « On y va ? » et décrivait mon sentiment de sidération et d’inquiétude devant ce déluge de violence par les actes, les mots et les images, ritualisée semaine après semaine et prenant parfois des allures très inquiétantes par le degré de haine qui, par contagion de proximité, s’exacerbait toujours plus à chaque sortie. C’est aussi durant cet épisode période qu’est réapparu le RIC, invention des anti-libéraux, lors du référendum sur la constitution européenne de 2005, dont j’avais précédemment écrit « qu’avec notre sens du compromis, il devait bien faire marrer dans les chaumières de la planète ». Elle montrait que les plus embastillés de cette époque étaient de retour et qu’après tous leurs échecs à se tenir aux côtés des despotes de l’ailleurs et de leurs nuits debout dans le froid, ils avaient bien l’intention de revenir à la manœuvre avec les moyens dont ils étaient experts : la grandiloquence littéraire, l’entrisme et la manipulation. Pour les gilets jaunes, en déroute de proposition, Ce Rassemblement d’Initiative Citoyenne était une aubaine qui « redorait leur plastron ». C’est là qu’est apparu un complotisme politique soutenu par les mots et les concepts fumeux de ces vieux « tigres de papier », ainsi nommés au temps de leur jeunesse.
Le relais a été pris un an après avec l’apparition de la Covid, de l’urgence sanitaire et du confinement. Il l’a été par une approche plus féminine et imprégnée de l’autre facette issue aussi de 68 : nouvel âge et nouvelle humanité en marche, village planétaire sans frontière, bonté par nature, médecine moderne forcément mortifère, solutions alternatives forcément efficaces et à tous les étages…
On a alors vu ces deux détestations, politique et sanitaire, trotskisme et babacoolisme issus du même creuset flamboyant, Lumières et 1789 bon enfant, logiquement se retrouver et s’emmêler dans une même épiphanie.
Nous sommes une génération (je suis de celle qui a suivi 68 et qui par là même a suivi le mouvement) qui a mis très à mal le principe de réalité jusqu’à s’en échapper dangereusement et qui a cru que toutes les mythologies du passé se résolvaient par la force de leurs mirifiques projections mentales. La montée de l’égotisme associée à l’approche conceptuelle de la réalité a progressivement fait des ravages aussi grands que ceux causés par l’ère numérique et les réseaux sociaux.
Le monde n’a pas changé et ce rêve absolutiste pour le dehors s’est progressivement échoué contre le mur du réel, produisant par là même une frustration exponentielle. De collective, cette frustration est devenue tout autant individuelle par la béance contradictoire entre la capacité d’indignation grandiloquente et la faiblesse des petites compromissions et arrangements et dans ce cas, il est toujours plus facile de chercher des coupables que de regarder en soi cette disproportion contradictoire.
Après avoir assisté au déferlement de violence en 2019 avec tête coupée et sanguinolente de Macron planté en haut de piques, J’ai ainsi vu des connaissances, professeur de yoga, expertes en médecines douces… défiler toutes en sourire sous ses insignes nazies et des pancartes comparant Macron à Hitler. C’est aussi là qu’une drôle d’odeur à doucement répandre ses effluves : celle de l’antisémitisme.
Un exemple significatif : Mme Pinçon-Charlot, sociologue profondemment communiste et spécialiste de l’ultra-riche qu’elle n’a cessé de pister et d’analyser, se retrouvant dans le documentaire « Hold Up » dans lequel elle fait sienne la rumeur disant que le virus Covid aurait été volontairement créé par les puissance financières en vue du grand « reset », concept en vogue à l’époque, afin d’éliminer le maximum de pauvres de la planète pour pouvoir redémarrer l’humanité sur des bases assainies.
C’est aussi à ce moment que sont arrivés, dans les médias et sur internet, de grands sachants qui sont très vite devenus grands sachems.
Le plus étonnant a été de voir certains de ses personnages venir faire des harangues moralement parfaites dans les médias sans se soucier de leurs exorbitantes contradictions. On a ainsi vu Laurent Alexandre, richissime entrepreneur médiatique exilé en Belgique, prendre fait et cause pour les gilets jaunes et bien après d’autres comme Aurélien Barrau, astrophysicien, directeur du centre de physique théorique de Grenoble et grand brasseur de matériel technologique surpuissant, pronant à grands coups d’effets de manche la décroissance. Je cite ces deux-là car des ami(e)s de bonne vertu m’avaient envoyé leur propos et ont été étonnés quand je leur ai proposé d’aller faire un tour sur leurs sites et leurs fiches Wikipedia. D’autres comme Mathieu Vidard faisant l’éloge de la conquête spatiale sur la 5 et approuvant les plus activistes décroissants sur France-Inter.
Les contradictions éprouvées en soi sont respectables mais quand on fait un si grand écart et que l’on se présente aux autres avec fort engagement, on est me semble-t-il, tenu à plus de discernement et donc plus de modération.
Il est à noter que ces nouveaux prophètes arrivés depuis la Covid sont souvent des scientifiques obligés à mettre le plus de distance entre eux et leurs sujets de recherche. Ayant assurance, haute estime d’eux-mêmes et tout de raison raisonnante, il est à noter qu’ils se laissent enrôler parfois dans des mouvements sectaires ou extrêmes et que du fait de ce qu’ils sont, ils ont plus de mal à en sortir que d’autres qui arrivent à reconnaître plus facilement leur stupidité et à passer à autre chose. Ils ont alors tendance à s’enfermet plus encore jusqu’à devenir de plus grands zélateurs.
Concernant les chercheurs, une autre configuration est apparue : imaginez, vous êtes un de ceux-là qui travaillent depuis des années dans l’ombre de son bureau ou labo, vous n’avez qu’une poignée de lecteurs, vos travaux, comme c’est la règle en science, ont pu être bousculés par vos pairs, plus tard, vous arrivez un peu par hasard sur les réseaux sociaux, vous êtes très vite mis en pleine lumière et pour peu que vous utilisiez votre champ de compétence pour porter crédit à des argumentations idéologiques, des milliers de pouces se lèvent à chacune de vos apparitions sur YouTube, vous recevez autant de commentaires dithyrambiques ailleurs sur la toile, vos paroles sont bues sans contestation par ce nouveau fan-club, vous êtes invités à intervenir dans la vie réelle pour conforter, par votre savoir plein de rigueur, des idées idéologiquement orientées et même si votre ancien public fait des révélations sur votre penchant à vous mettre en avant et la fragilité de vos précédentes communications, cela n’est pas suffisant pour remettre en question vos appointements. Comme votre carrière est le plus souvent derrière vous, une seconde vie bien plus gratifiante intérieurement s’offre à vous alors que la première maintient votre aisance matérielle. Comment dans cette situation se retenir et éviter les dérapages ?
Un exemple : Monsieur Chapoutot. Brillant universitaire, spécialiste incontestable du nazisme (même si contesté parfois par ses pairs, d’où probable frustration), intervenant dans les médias sur ce sujet et qui faisant un parallèle avec la période post-nazisme en raison de la restructuration policière, musclée parfois mais adaptée à ce déluge de violence tous azimuts, et qui plus tard s’autorise une ressemblance entre Hitler et Macron (je le sais car un ami qui savait mon engagement auprès de ce dernier lors de sa première élection, s’est empressé de m’envoyer une vidéo de ce monsieur Chapoutot). Succès incroyable auprès des anti-systêmes et de la presse alternative, invitation à intervenir dans les colloques LFI…
Il faut encore ajouter une catégorie et c’est de culpabilité qu’il sagit. Elle concerne des intellectuels, écrivains, artistes…, enfants de grande fortune ou venant de milieux très modestes qui se retrouvent à égal sentiment de cupabilité par leur richesse héritée ou par leur enrichissement progressif. Les deux n’ont généralement jamais éprouvé physiquement les difficultés quotidiennes des travaux harassants, ils ne l’ont approché que par les livres ou par les échanges familiaux et n’ont de ce fait qu’une connaissance cérébrale ou parcellaire de la réalité ouvrière. Les seconds ne cessent d’alimenter ce sentiment de « transfuges de classe » par l’écriture ou la recherche, toutes deux obligeant à amalgamer, en même temps qu’elle leur permet de se penser et d’apparaître en rupture avec ce qu’ils sont. Avec émotion sélective et emphase, ils complètent leur panoplie de rebelles sans concession au libéralisme, cause de tous leurs meaux et par là-même de ceux de tous les autres.
Cette culpabilité profonde fait pour ces deux conditions, à l’origine opposées mais rénunies par le même trouble intérieur, une intransigeance souvent très disproportionnée par rapport à la réalité, intransigeance qu’ils n’hésitent pas à mettre sans discernement au service de doctes idéologues tout aussi inflexibles.
Pour les transfuges, on peut citer Annie Ernaux, Édouard Louis, Michel Onfray…
Pour les « bien-nés », deux me semblent exemplaires : celui de Geoffroy de Lagasnerie, philosophe et sociologue, issue d’un milieu très aisé, devenu grand théoricien de la gauche très radicale, France Insoumise inclue, qui a prononcé cette sentence sur France-Inter « Je pense que la politique est de l’ordre de l’antagonisme et de la lutte et j’assume totalement le fait qu’il faille reproduire un certain nombre de censures dans l’espace public, pour rétablir un espace où les opinions justes prennent le pouvoir sur les opinions injustes. » .
Et celui de Juan Branco, issu de la haute bourgeoisie intellectuelle, qui dans ces livres donne des outils pour détruire les ponts, les aéroports en vue de la grand insurrection, décrit la Macronie comme une nouvelle variante du fascisme et n’hésite pas à faire part de sa jouissance à voir les couperets s’abattre sur les cous gras des nantis.
Tout est dit. Les pedigres de ces deux rebellocrates sont disponibles sur Wikipédia et en lecture gratuite sur le site de Franc Tireur qui chaque semaine fait un « portrait qui fache » qui vaut la lecture.
Pour Geoffroy de Lagasnerie > https://www.franc-tireur.fr/geoffroy-de-lagasnerie-lanar-chic-en-toc
Pour Juan Branco > https://www.franc-tireur.fr/juan-branco-guillotin-d-operette
Il est à noter que tous ces « portraits qui fachent » n’ont jamais fini en justice et leur lecture, même éprouvante, me semble nécessaire pour réaliser dans quel tsunami de mensonges (volontaires ou par omission) nous baignons.
Il semblerait qu’il y ait de moins en moins de limite à la manipulation et à l’incroyable dégradation de l’ancrage au réel, par orientation idéologique (on ne prend du réel que ce qui la conforte), par peur des contradictions et du « qu’en dira-t-on ? », par soif d’appartenance, par mimétisme et plis de pensée générationnels au sens large, par simple facilité « virginisante »… Toutes choses qui se retrouvent dans une moindre mesure (mais de ce fait, pas moins toxique) dans les médias dont les intervenants sortent du même moule universitaire, se coptent, s’épousent… Avec également l’accusation d’être « mainstream » (du côté des puissants et de la finance) sans oublier la crainte des représailles comme ça été le cas en 2019. C’est la grande différence avec les précédents, plus baroudeurs par le corps et la pensée et qui avaient vécu dans leur chair les tourments du réel.
Cette critique des médias n’a rien à voir avec les accusations de mensonge volontaire en soutien du libéralisme et de l’état puis plus tard, de la médecine qui n’a cessé de s’amplifier depuis 2019, en y opposant des médias alternatifs qui eux ne seraient que « paroles d’évangile » aussi bien du côté de la gauche extrême que de l’extrême droite, avec leurs petits suiveurs respectifs.
On y est ?
C’est un lettre un peu rageuse écrite dans la nuit du 9 juin qui a vu la victoire du RN aux élections européennes.
Si on essaie de comprendre ce qui fait dérive sectaire et disciples embastillés, il y a quelques critères qui émergent:
Le fait que les adeptes retournent toujours la charge de l’accusation bien que la réalité et l’évolution de l’Histoire dévoilent leurs malfaçons et la dérive intellectuelle et morale qui y a conduit. Et cherchent toujours des responsables à accuser pour masquer leur inanité et leur faiblesse.
Le fait qu’ils trouvent toujours les mots pour justifier l’injustifiable.
Le fait qu’ils se pensent le camp du Bien pour l’éternité et de ce fait ne peuvent voir le caractère changeant de toute chose.
Le fait qu’ils s’arrogent des valeurs gratifiantes auxquelles ils adjoignent des phrases totémiques qui les confortent sans équivoque.
Le fait qu’ils se défendent d’être embastillés quoique vous leur présentiez d’arguments qui le démontrent et que le percevant tout de même un peu, ils préfèrent « en rajouter » pour ne pas se déshonorer à avoir été bernés. S’ils sont nombreux, ont apparence bienveillante et font norme, ils sont plus difficiles à extraire de leur gangue qui fait leur enfermement.
SI DONC TOUT CELA A UNE CERTAINE EXACTITUDE, IL EST PERMIS DE CONSIDÉRER QUE DEUX CAMPS CHEZ NOUS COCHENT TOUTES LES CASES : LA DROITE EXTRÊME ET LA GAUCHE TOUTE ENTIÈRE (plus encore peut-être cette dernière par l’aisance rhétorique de ses passeurs). AVEC LA CONDESCENDANCE HAUTAINE QUI NOUS CARACTÉRISE, ON OBSERVE AU LOIN REVENIR CE TRUMPISME INQUIÉTANT SANS S’APERCEVOIR QUE NOUS EN AVONS DEUX ICI.
On va me dire que pour le RN passe encore mais comment mettre toute la gauche dans le même sac ? Ce n’est pas toute la gauche car je ne confonds pas celle d’avant soixante-huit qui était à sa juste place et qui par sa cohérence a été positive pour notre pays à celle de l’après qui, par son déni de réalité, ses petits arrangements, ses falsifications, ses rêveries déconnectées… a grandement faussé les esprits, a produit lorsqu’elle a été au pouvoir des lois qui nous obligent à mendier auprès de la richesse internationale, à fait monter le FN par calcul politique avec Mitterrand et inexorablement le RN ensuite par déconnexion idéologique. Et qui aboutit aujourd’hui à ce que nous voyons avec effroi et colère. À la différence des autres gauches européennes qui, vues de loin, ne me semblent pas embastillées dans cette gloriole révolutionnaire issue de notre glorieux passé que les « Je suis de gauche, moi » n’arrêtent pas de singer.
JE NE PARLE DONC QUE DE NOTRE GAUCHE À NOUS DONT LES MALFAÇONS SONT À CHERCHER DU CÔTÉ DE 68 ET DE SES ADEPTES QUI LUI ACCORDENT L’ABSOLUTION QUELLES QUE SOIENT SES DÉRIVES MALSAINES. QUI FAIT DONC QU’ELLE PEUT TOUT SE PERMETTRE.
Comme franchir le Rubicon du cynisme dans tous les sens : une première fois en s’associant à son extrême pour se sauver, une seconde fois en la reniant pour aller rejoindre celui que cette dernière considère comme traître libéral. Et désormais une troisième en y revenant. Comme falsifier l’Histoire du côté de la Palestine et favoriser l’antisémitisme ici.
Comme avoir soutenu et servi jusqu’à aujourd’hui les pires autocrates de la planète et avoir été leurs « idiots utiles » qui parfois, comme en Iran, se sont faits massacrer par les premiers, bien plus cohérents et pragmatiques.
Comme avoir joué au révolutionnaire sans oser faire la révolution, tout en faisant semblant de la faire. Et en s’envolant en « low coast » dès l’été venu pour profiter des avantages que ce « grand Satan » de libéralisme propose.
Cette épopée de faussaires, avec tous les mots et tous les appuis qu’il faut, a considérablement participé au dérèglement des consciences que nous voyons jour après jour à l’œuvre et qui risque fort de rendre le feu d’artifice climatique plus éclatant encore. Comme dans toute soumission volontaire à l’enfermement, plus on s’en extrait et plus on s’en éloigne et plus apparaît avec effarement ce que l’on ne pouvait voir quand on y était dedans.
Ayant conservé mon humanisme (dont la gauche nous a honteusement dépossédés à son profit) et une envie de concorde, j’ai essayé de faire au mieux et je me suis engagé pour faire en sorte que le RN n’arrive au pouvoir. Chercher une voie de pragmatisme et de cohérence moins embourbée dans un idéologisme vaseux m’a donné énergie pour le combattre malgré les sourires condescendants et parfois les propos accusatoires de mes connaissances de « Gôôche ». J’y ai aussi rencontré des belles personnes qui avec humilité et lucidité, ayant depuis longtemps compris que toute alternative à l’économie de marché est illusoire, ont trouvé plus productif d’en canaliser le cours tout en faisant en sorte de ne pas gripper sa capacité à produire de la richesse à redistribuer. Plus intelligent que de faire des barrages à tout va et de se faire emporter. Comment pourrait-il en être autrement quand, faute de vraie alternative à l’image du marxisme, on est obligé de garder la règle fondamentale de l’ennemi? Cette incohérence fondamentale et cette réponse appauvrissant notre pays commun.
AUJOURD’HUI, TROP C’EST TROP, IL ME SERA IMPOSSIBLE DE PRENDRE PART À CETTE BAGARRE ENTRE DEUX « TRUMPISMES », PETITS CAMPS AUTOPROCLAMÉS DU BIEN IDÉALISÉ, S’ILS ARRIVENT EN TÊTE AU PREMIER TOUR.BAGARRE QUI VERRA PROBABLEMENT MARINE DEVENIR NOTRE PROCHAINE MARIANNE.
La honte étant moins dans les adeptes du RN que dans ceux de l’autre côté qui, par leurs délires déconnectés, l’ont promu et poussé marche après marche. Apparemment cette gauche, botoxée de bons sentiments et gonflée de certitudes dont celle de se penser indispensable, vient de se vautrer à nouveau dans l’immoralité avec le nouveau front commun. Une sorte de Nupes bis sans Mélenchon mais avec tous les autres, quelle farce lugubre ! À rire et à pleurer quand on sait ce que cela a déjà donné et que les « bien trop, pas assez » ont déjà sorti leurs frondes.
POUR MA PART, DEUX FRONTS BORNÉS, C’EST TROP À AFFRONTER ET PLUS ENCORE S’IL FAUT LES DÉPARTAGER. J’ai un jardin avec un arbre magnifique, des livres à lire, de la musique à faire et des chemins de traverse au-dedans comme au-dehors pour prendre congé de toute cette boue quand elle me sera trop insupportable. À distance de cette marre dans laquelle nous barbotons depuis trop longtemps comme des canards sans tête, je suivrai vos ébats malsains.
Je vous rassure mes ami.e.s, de vous, je ne déteste que de cette gangue qui vous enkyste. Et je savoure la chance et les circonstances qui m’ont permis de m’en dégager.