D’UNE RIVE À L’AUTRE

Présentation

Le texte ci-dessous est la lettre de présentation que j’envoie avec le texte complet visible et téléchargeable sur la page précédente.

Depuis le 7 octobre 2023, je n’ai cessé de chercher et d’écrire pour conjurer cette abomination qui souille notre conscience d’être humain. Un abîme de sidération sur ce que d’autres semblables ont été capables de faire que je n’aurai cru voir de mon vivant.

Elle n’est pas la seule mais les autres n’avaient pas pour origine un plan de communication par le plus d’horreur, méticuleusement préparé jusqu’à exposer sa propre population, en vue de d’obliger la partie adverse à une réponse incontrôlable et le reste du monde, saturé d’émotivité, à réagir à cette violence engendrée par la condamnation de la victime. Cette préméditation sadique qui vient s’ajouter à l’ignominie des actes, en fait un Mal absolu que rien ne peut justifier.

Une autre sidération est venue de mon incursion dans l’histoire de ce conflit. Elle m’a peu à peu révélé l’incroyable entreprise de falsification, perpétrée notamment par l’Union Soviétique jusqu’à la chute du Mur. À la différence de ce qui a aussi été fait par d’autres comme les États-Unis, celle-ci a bénéficié de la certification du Bien autorisant tous les accommodements. Pour ici, elle m’apparaît désormais comme la matrice principale, perpétuée de génération en génération jusqu’au paroxysme actuel, permettant de retourner, d’accuser, de dissimuler et de manipuler. L’Histoire le montre assez clairement mais le voilement est toujours aussi rassurant et de ce fait puissant et efficace.

Cette autre sidération m’a été moindre car je piste depuis longtemps cette montée au désastre et à l’ensauvagement qui n’est pas que le fait que du narcotrafic et des réseaux sociaux. En se focalisant sur ces causes, on oublie de voir qu’une forme d’absolutisme idéologique, aussi obstiné qu’inopérant, auquel il faut ajouter les croyances simplistes, le déni de réalité et un bavardage incessant déconnecté de soi fait depuis soixante ans une perdition intérieure exponentielle chez une grande part de la population. Elle conduit aussi sûrement à l’esprit de meute revanchard autorisant les formes les plus paroxystiques d’expression de la détestation.

Le texte que je propose, plus documenté et référencé pour là-bas, plus vécu et ressenti pour ici, m’est une tentative de dévoilement et de petite résistance. Je le termine alors que les derniers otages israéliens viennent d’être libérés et que la guerre a momentanément cessé. Ces deux années de recherche et d’écoute m’auront révélé combien cet après 7 octobre relie d’une rive à l’autre ces deux sidérations indicibles et révèle combien pour ici, l’épicentre de cette dérive se situe autour de 68. Dès lors, il m’est assez désagréable de constater que cette responsabilité est le plus souvent circonscrite aux plus acharnés alors qu’elle englobe bien plus de monde du fait que cette approche générationnelle, s’accommodant de tout et enjambant sans retenue le mur du réel, soit devenue norme de pensée, engendrant ainis une omerta plus ou moins volontaire sur cette responsabilité collective. Face à la perte de sens jusqu’au renversement des valeurs que nous vivons désormais, il me semble incontournable d’approfondir cette responsabilité sans arrière pensée idéologique.

Ce texte est désormais pour dire cela qui ne me semble pas suffisamment alerté alors que nous sommes a l’heure de l’IA et que l’artificialisation de l’intelligence par atteinte de tous côtés à notre ancrage au réel fait des ravages. La lucidité et le discernement avec le retour à soi deviennent chaque jour plus indispensables pour espérer être à la hauteur de ce sans répits qui vient et pour résister à l’esprit de meute qui ne fera que rajouter des bûches à l’incendie.

J’avais auparavant écrit un texte intitulé « Pour en finir – petit traité de désillusionisme » qui était déjà une façon de me mettre à distance de cette dérive générationnelle à laquelle j’appartiens. Ces écrits sont une manière d’approfondir le discernement mais aussi une façon d’offrir une réponse précise et sans effusion de voix aux sermonneurs qui pensent que chercher à comprendre, à évoluer et à renoncer si nécessaire, c’est se renier. Je les ai ensuite mis en ligne pour cette même raison.

J’écris à tâtons avec un mélange de ressenti, de vécu, d’arguments documentés et parfois d’engagements, le tout associé à un travail de compréhension sincère avec toujours le doute d’en faire trop mais aussi rassuré par le fait de rencontrer d’autres voix qui de plus en plus l’expriment tout aussi radicalement*.

Je pense que malgré des possibles approximations, le fait d’avoir été sans le vouloir assez impliqué dans cette aventure générationnelle mais suffisamment à sa marge, tout en étant aussi attentif au dehors comme au dedans, me permet une sorte d’approfondissement horizontal qui me semble pouvoir révéler des angles de vues complémentaires à d’autres plus universitaires. Je ne prétends donc pas me substituer au travail des professionnels de l’écrit et de l’analyse qui me permettent synthèse argumentée et travail de décantation pour le dehors ainsi que distillation au dedans pour d’autres.

Comme ces suricates dans le désert qui scrutent chacun leur part de réalité ou comme ces anonymes du temps d’avant, chacun à la place où il est, devrait pouvoir dire s’il le pressent utile à d’autres.

Ces deux axes de compréhension me semblent désormais indispensables pour faire face au tsunami de mensonges et de manipulations en cours ainsi que pour essayer d’alerter sur ce que nous risquons d’ajouter au grand soir écologique quand il sera bien plus que graphiques et commentaires. Écrire ainsi oblige à faire des amalgames excessifs, libre à chacun(e) de voir ce qui lui fait sens pour le dedans et le dehors.

* Deux femmes remarquables, Céline Pina et Renée Fregosi, engagées en politique pendant des années disent cela tout aussi directement et de façon bien plus argumentée que je ne peux le faire. Leurs entretiens respectifs à ces adresses :

https://www.youtube.com/watch?v=7hJCApq2hQU&t=2860s

https://www.youtube.com/watch?v=AgXsKCVrjBg&t=1s

Et avant elles, d’autres comme Marceline Loridan-Ivens, rescapée d’Auschwitz-Birkenau, l’ont exprimé tout aussi radicalement.https://www.youtube.com/watch?v=7hJCApq2hQU&t=2860s

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