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Entre deux rives, un pire à venir pour ici ?
Depuis ce jour de grande boucherie du 7 octobre 2023, Shoah d’un jour clairement génocidaire que je pensais ne jamais voir, je n’ai cessé de m’interroger, de chercher, d’écouter dans une forme d’obsession conjurationnelle en bute à ce Mal absolu souillant notre humanité commune.
De par mon âge et mon orientation politique passée, je connaissais la « version palestinienne », j’ai donc fait un long détour sans a priori dans le camp d’en face, les découvertes historiques que j’en fis furent progressives et ce que j’ai peu à peu entrevu n’a rien apaisé car, à la sidération face au Mal, est venue se rajouter la stupéfaction d’un détournement de la vérité. Dévoilement qui m’a amené à la conclusion que le récit qui en a été fait depuis 60 ans ressemblait fort à une imposture accommodante entretenue par la génération à laquelle j’appartiens.
Par là même, J’ai essayé de comprendre ce qu’il se passait ici qui me semble, de plus en plus mais par d’autres voies, tout aussi effrayant que ce qui est là-bas. Qui ne me surprend pas car depuis les Gilets jaunes, la Covid et le gauchisme revanchard, je piste avec effarement cette montée exponentielle du déni de réalité, des contre-vérités facilitées par les réseaux sociaux et de l’esprit de meute qui va avec. C’est ma façon de résister modestement et intérieurement par le discernement lucide au collectivisme de la pensée.
J’ai plus à perdre qu’à gagner en disant ce qui suit car, ayant défendu activement le peuple tibétain pendant dix ans, je me sens mal à l’aise de ne pouvoir être du « bon côté » pour ce conflit. Cela suscite incompréhension et mise à distance de la part de proches et il m’est de plus en plus difficile de soutenir cette contradiction à la vue de ce qui est dans les médias et de l’approche majoritaire qui me donne le sentiment d’être coupable d’insensibilité. Malgré cela, je continue de penser que ce conflit est tellement inextricable, l’accusation si déséquilibrée, la manipulation compassionnelle du Hamas si extrême et calculée, que si on s’y intéresse vraiment et honnêtement, on est obligé de mettre de côté l’émotion pour essayer d’aller au-delà du visible, de creuser, confronter… Comme l’indignation sélective nous est devenue une lumière salvatrice au dedans et idéologique au dehors, c’est malheureusement le contraire qui se produit, alors même que ce conflit a un « avantage » qui fait qu’il devrait y avoir autant de compassion à éprouver pour les enfants brûlés vifs, les femmes éventrées… du 7 octobre, les otages violés et affamés que pour les mères et les enfants de Gaza.
Cette atteinte à la vérité ici, par calculs cyniques, imprégnation d’idéologie brumeuse devenu norme, paresse intellectuelle, peur du risque au dehors comme au dedans, conformisme grégaire… vient à la suite de nombreux jalons confortant l’esprit de meute. Elle m’apparaît comme le point culminant de cette dérive, peut être pire que la propagande des autocrates car progressant à bas bruit et tout autant en nous.
SI CE QUI EST ÉCRIT LÀ EST EN GRANDE PARTI RECEVABLE, JE PENSE QU’IL DEVRAIT Y AVOIR UN NOUVEAU « J’ACCUSE » ÉNERGIQUE EN RAISON DU MASSACRE DE LA VÉRITÉ ICI PAR CELLES ET CEUX QUI ONT LA CHARGE DE LA PRÉSERVER AINSI QUE DU DÉRÈGLEMENT DES CONSCIENCES PAR DÉCONNEXION AU RÉEL, L’ORIGINE DE CES DÉRIVES SE SITUANT BIEN PLUS DU CÔTÉ DE 68 QUE DANS LES RÉSEAUX SOCIAUX OU LE LIBÉRALISME.
Étant conscient de mes limites, j’espère seulement que d’autres de plus connus médiatiquement s’engageront dans ce type de réquisitoire sans les précautions d’usage est sans trop de pointillisme lexical avant que l’incendie ne puisse être maîtrisé, ce qui ne saurait tarder. Dans le cas contraire, cela aura été dit. Que ce soit par moi ou par d’autres n’a aucune importance.
Cette guerre, une folie là-bas…
Le grand paradoxe de cette guerre est que tout en y étant liée, elle a très peu à voir avec le conflit territorial concernant la création d’un état palestinien, le Hamas ne l’ayant jamais souhaité car elle serait une chance de survie pour Israël.
Le Hamas, par son millénarisme apocalyptique, m’apparaît comme le pire venu sur terre depuis le nazisme. Daesh et Al Qaida lui sont frères de sang par leur soif de martyrs, leur dédain de la vie et de la souffrance d’autrui mais le Hamas l’a poussé à un point d’absolu de sadisme dans la mécitulosité de sa préparation et en apparaissant protecteur auprès de son peuple tout en l’exposant le plus possible à la mort. Sa puissance militaire avec les autres mouvements islamiques de la région est incomparable.
Par sa configuration urbaine, la technique de guérilla des combattants résidents, la densité de population, les tunnels…, tout le monde savait que cette guerre serait une immense folie et une tragédie pour les deux peuples – physique pour l’un, surtout morale pour l’autre – et une aubaine pour le Hamas malgré les pertes dans son rang car son ambition est dans une temporalité millénariste n’ayant rien à voir avec la nôtre. Cette différence de temporalité participe au brouillage de la compréhension.
Devoir engager et mener une guerre me semble rendre impossible de ne pas répondre de façon binaire et tranchée à des questions simples. Il est donc primordial si l’on veut sans a priori essayer de comprendre, de faire de même en sortant de la pure émotion pour se poser ces mêmes questions. Chaque personne qui a vocation à transmettre devrait en faire autant avant d’exposer ses analyses. Ne pas le faire pour cette guerre en particulier me semble désastreux.
Pour celle-ci, quelques questions qui me paraissent essentielles :
– Israël avait-il le choix de ne pas entrer en guerre après le pogrom du 7 octobre, les orages emmurés et les milliers de roquettes tirées contre son territoire (qui sans le dôme de fer auraient fait des dégâts considérables) ?
– Une guerre de ce type pour éliminer une organisation totalitaire et génocidaire peut-elle se faire un peu mais pas trop ?
– Y a-t-il une différence entre cette guerre et celle que nous avons menée à Raqqa et Mossoul, bien plus violemment envers la population par le pilonnage incessant des bâtiments sans prévenir leurs habitants et alors qu’il n’y avait pas de tunnels ? – Israël pouvait-il détruire le réseau de tunnels strictement réservé aux combattants et à leurs centres de commandement sans détruire les infrastructures qui les surmontent ?
-Israël pouvait-il se permettre de laisser le monopole de l’approvisionnement au Hamas dont on sait qu’elle lui est essentielle pour deux raisons : d’une part spéculer pour payer les combattants (10 000 dollars et un appartement par enlèvement lors du pogrom du 7 octobre (1) et surtout se valoriser comme bienfaiteur auprès de sa population ?
– Si le Hamas est comparable à l’Hitlérisme, en raison des traitements infligés à ses dissidents, à ses «déviants», à sa propre population et par l’absolutisme messianique qui est au fondement de sa doctrine, sans oublier la gestion de la « problématique » juive , y a-t-il alors une autre solution pour Israël que de tout faire pour l’anéantir comme nous l’avons fait avec Hitler et Daesh ?
-Aurions-nous dû arrêter nos guerres contre le nazisme ou Daesh avant capitulation au prétexte qu’il y avait trop de morts, de malnutrition et nos alliés auraient-ils dû renoncer à pilonner nos villes et leurs habitants (situation totalement ubuesque pour les raisonneurs raisonnants) au risque de laisser les troupes allemandes se reconstituer ?
– D’autre part, la vue d’enfants écrasés par les bombes sur le bitume de Dresde ou d’ailleurs en 1945 devait être aussi insupportable émotionnellement que les enfants mourant dans l’horreur des camps nazis mais ce n’était absolument pas de même nature. Si on refuse cette dichotomie intérieure pour s’ennoblir par la seule émotion, on prend le risque de devenir des « âmes » perdues.
Si on ne se pose pas ce type de questions en se contentant de l’analyse pointilliste et de l’indignation sélective sans évoquer ce questionnement alors que l’on est censé informer, on ne fait que rajouter de la fausseté au mensonge. Si on se les pose, on voit bien qu’il n’y a pratiquement aucun autre choix que d’essayer d’amener à capituler le Hamas quels que soient les risques d’échecs et les pertes.
qui rend fou ici
Comment cette monstruosité, visible par tous car filmée par ceux-là mêmes qui l’ont commise (comme d’autres, je n’ai pas encore eu le courage d’en visionner le montage) et donc irréfutable, qui ne peut être que Mal absolu, comment cette ignominie a-t-elle pu engendrer un retournement de l’accusation aussi rapide ? Comment ces accusations incessantes et ces digressions sordides par leur pointillisme de « bien assis » ont-elles pu effacer aussi vite et aussi durablement cette boucherie commise par d’autres nous-mêmes que notre réponse à cette barbarie atteste ? Et comment cette autre horreur par naïveté et crédulité pourrait-elle être à la hauteur de ce qui vient qui est déjà là et qui ne nous laissera aucun répit ?
Pour se protéger de la folie dans laquelle nous semblons tomber, il faut arriver à dépasser parfois l’émotion pour essayer de comprendre en profondeur et accepter de se compromettre face au consensus dominant et pour cela, se déplacer au-delà des points de vue et analyses médiatiques de celles et ceux qui qui sont trop enkystés dans la même rhétorique depuis soixante ans. En espérant arriver à voir au-delà de ce qui est vu.
– Pour se protéger de la folie dans laquelle nous tombons, il faut arriver à dépasser parfois l’émotion pour essayer de comprendre en profondeur et accepter de se compromettre face au consensus dominant et pour cela se déplacer au-delà des points de vue et analyses médiatiques de celles et ceux qui ne bougent pas ou qui sont trop enkystés dans la même rhétorique depuis soixante ans pour arriver à Voir au-delà de ce qui est vu.
– À chaque stade de cette guerre : civils tués, destructions, famine…, c’est visuellement et donc incontestable que le coupable est Israël et son armée surpuissante alors qu’en réalité, pour qui veut Voir, la responsabilité première est toujours le Hamas et son armée, stratégiquement préparée à cet affrontement depuis très longtemps, avec pour unique objectif de ses dirigeants (ils l’ont encore répété récemment) est la destruction définitive d’Israël. Son plan de communication par l’horreur fait partie intégrante de cette stratégie.
– Une autre particularité de cette guerre qui brouille les pistes de la compréhension est qu’elle ressemble à une guerre de libération (comme en Algérie) mais ce n’en est pas une car pour le Hamas, le seul objectif n’est pas une quelconque négociation en vue d’un partage territorial.
– C’est aussi une guerre civile larvée. Lors des élections de 2006, le Hamas a abattu tous les opposants avant de les gagner. Sur un aussi petit territoire, il est très facile pour une organisation « sans foi ni loi » d’éliminer les opposants à mesure qu’ils apparaissent (on peut d’ailleurs craindre pour ceux qui ont manifesté contre lui il y a quelques semaines tout comme pour ceux qui distribuent l’aide avec l’armée israélienne). Jusque-là, ceux qui ont exprimé ouvertement leur opposition au Hamas ont été éliminés, parfois sauvagement tout comme celles et ceux qui ont enfreint les interdits coraniques, homosexuels par exemple. Reste les opposants très discrets qui ne les gênent pas (écrivains, poètes…), et leur servent même de faire-valoir culturel à destination des Occidentaux
– Que ce soit en Algérie ou en Espagne, guerre de libération ou guerre civile, elles furent horribles car sans limite. On le sait des deux parties en Algérie et en Espagne, les Républicains espagnols ont aussi commis des abjections contre les prêtres, les nonnes… et se sont même massacrés entre eux (communistes staliniens contre anarchistes).
– Pour Gaza, l’Histoire l’attestera mais pour l’instant c’est la même chose dans l’horreur et le responsable incontestable n’est pas le supposé envahisseur qui ne pouvait se permettre d’éviter cette guerre mais le Hamas qui l’a voulu, expose sa population pour sa comm’ et s’est préparé depuis des lustres avec l’argent qui aurait dû revenir à son peuple, sans l’objectif de lui permettre un territoire mais de l’assouvir à ses principes mortifères.
– Tous les Palestiniens de Gaza ou de Cisjordanie ne sont pas pro-Hamas mais beaucoup l’étaient avant cette guerre et pourraient l’être à nouveau demain (avec une organisation islamique plus présentable mais guère différente, comme vu ailleurs en terre arabe).
Double réalité, un cas probablement unique dans l’histoire des conflits
Ce qui rend aussi fou, c’est que s’opposent deux angles de vues pour une même réalité. Ce biais cognitif est, me semble-t-il, un cas unique concernant les conflits récents. Le problème est que l’angle qui a les honneurs ici me semble le plus biaisé, involontairement pour des raisons d’idéologisme diffus, de plis de pensée générationnel et universitaire, de facilité émotionnelle ou volontairement par manipulation idéologique ou religieuse. Sans oublier que pour les médias, il est plus facile de se conformer à une analyse d’apparence rigoureuse, facile et partagée par tous, que de se risquer à un discernement plus profond.
-C’est un premier biais de ne pas différencier l’Histoire d’avant à celle qui a suivi la boucherie du 7 octobre, cette dernière n’ayant rien à voir avec une revendication territoriale puisqu’elle a été provoquée par une organisation messianique ayant pour but la destruction d’Israël et de son peuple parce qu’il est juif. Si on n’a pas conscience de cette différence, on est déjà dans l’erreur.
– Dans un conflit « normal », l’armée à le devoir de protéger au mieux sa population. Concernant celle en cours, non seulement le Hamas ne le fait pas mais il l’expose le plus possible afin qu’il y ait le plus de Gazaouis tués pour renverser l’opinion mondiale. C’est un cas unique où l’objectif de communication d’un des deux belligérants est d’engendrer le maximum de dégâts et de victimes dans sa population pour soulever l’opinion mondiale.
– Quant à l’armée d’en face, elle souhaiterait en finir en ayant tué le moins de civils palestiniens, ne serait-ce que pour ne pas être vilipendée comme elle l’est par l’opinion et les institutions internationales.
Cette situation unique, incontestable, paradoxale et abominable empêche donc toute approche rationnelle de cette guerre à moins d’arrières pensés idéologiques ou d’embastillement volontaire.
D’autres distorsions
– Si on analyse cette guerre avec les critères habituels et de manière pointilliste comme on le fait avec d’autres conflits, sans considérer que pour le peuple israélien, toute guerre menée contre lui depuis sa création par les coalitions arabes a été une question de vie ou de mort, ça reste une analyse de bien assis. On a une vue qui semble rigoureuse et rationnelle mais elle est faussée par cette occultation. Même si les choses ont évolué depuis, pour le Hamas, le Hezbollah, l’Iran et d’autres proxys ou factions, la solution finale reste toujours l’objectif à atteindre et les milliers de roquettes envoyées pour cela depuis longtemps en sont la preuve.
– À Gaza, le fait qu’il y a une ville sous la ville réservée aux combattants (le contraire d’Israël ou l’armée est en première ligne et les habitants protégés par des milliers d’abris) crée une énorme distorsion de réalité. Si l’on s’en tient à ce que l’on voit, c’est la vision insupportable d’une armée surpuissante qui détruit systématiquement hôpitaux, écoles, mosquées… et est donc pleinement responsable de cette invraisemblable dévastation. Si l’on fait l’effort de comprendre qu’Israël ne peut pas se permettre de laisser une fois de plus le Hamas se terrer et ressortir une fois son ennemi reparti, Israël n’a d’autre choix que de bombarder les infrastructures pour arriver à détruire ce réseau de tunnels dont on ne voit jamais de Gazaouis sortir ou entrer pour se mettre à l’abri (comme cela est le cas en Ukraine avec le métro, les abris…). Cette façon de faire est terrible mais autorisée par le droit international de la guerre dans le cas d’utilisation d’infrastructure à des fins militaires. Il y a même des spécialistes du droit de la guerre et des avocats et des à l’intérieur de l’armée.
– Une autre asymétrie vient du fait que l’on a d’un côté une volonté clairement génocidaire dont le premier pas est le génocide monstrueux du 7 octobre (les responsables du Hamas l’ont encore récemment défini ainsi) et de l’autre un risque de génocide (qualifié ainsi par l’Onu) qui jusqu’à ce jour reste au stade prévisionnel.
– Cette guerre, provoquée par le Hamas est une guerre de religion apocalyptique menée contre une nation démocratique, pleinement reconnue qui représente pour le premier (conception issue des lignées fondamentalistes qui l’ont précédé) une verrue inacceptable depuis la création de la seconde.
– On a un état à qui on oppose constamment le droit international (il faudrait parler des droits et concernant celui de la guerre, Israël jusqu’à maintenant le respecte) comme à aucun autre pays et, en face une organisation terroriste qui peut tout se permettre car, n’étant pas un état, elle n’est pas concernée par ce droit.
– On retrouve cette double vue dans la question des territoires occupés. Il est vrai que continuer la « colonisation » dans ce contexte de la part des extrémistes israéliens au pouvoir et sur le terrain est inacceptable. Toutefois, du point de vue d’Israël (et de Mitterrand qui connaissait bien l’Histoire), il ne s’agit pas de territoires occupés mais de territoires disputés car les Palestiniens et les Arabes ayant refusé les plans de partage depuis 1947, il n’y a toujours pas de frontières définitives et, à la différence de Gaza, ils sont le berceau de l’identité juive.De plus beaucoup de ses terres avaient été achetées aux Arabes au tout début de l’arrivée des juifs. D’autre part si les raids contre les Palestiniens de Cisjordanie sont inadmissibles, il y a aussi chaque année des meurtres de juifs et une ville comme Hébron est aussi un fief du Hamas.
Ces biais de réalité font que ce qui est vu, aussi tragique soit-il, ne peut être exactement ce qui est. Si l’on s’en tient à la seule chose vue et à l’émotion que cela suscite, on cautionne malheureusement celles et ceux qui s’en servent pour volontairement fausser et on donne la faveur aux objectifs du Hamas.
Le plus incroyable est que je n’ai entendu aucun média, journaliste, reporter ou analyse soulever ces dilemmes fondamentaux. La plupart font comme si de rien n’était et continuent d’analyser avec les mêmes grilles de lecture appliquées aux guerres en général, ce qui fausse totalement la compréhension et autorise, par la seule vision des destructions et des atteintes à la population, a mettre seulement l’émotion en avant, soulever l’indignation et faire d’Israël, le coupable idéal monstrueux, alors que c’est le Hamas qui depuis le 7 octobre est le seul vrai responsable de cette monstruosité.
Information et communication dans un même bateau
Israël le définit comme son huitième front et il est clair que celui-ci a été perdu.
Sur le plan de l’information
On peut comprendre que pour les médias, l’interdiction de faire son métier soit intolérable et qu’ils ont besoin de chiffres et d’images. On peut aussi comprendre que si l’armée israélienne empêche les journalistes d’entrer à Gaza, c’est bien moins par crainte d’exactions révélées que parce que ces reporters seraient trop exposées en raison de la spécificité de cette guerre (urbaine avec nécessité de détruire des bâtiments pour atteindre les tunnels, périmètre réduit, concentration de population…). Situation très différente de l’Ukraine par exemple.
Chaque reporter qui serait tué deviendrait alors accusation contre Israël et aubaine pour le Hamas et parmi les journalistes palestiniens, pensez-vous qu’un seul pourrait émettre une critique envers le Hamas sans risquer pour soi ou sa famille ?(3). On sait aussi désormais de façon incontestable qu’un certain nombre d’entre eux est inféodé au narratif islamique.
Ce blocage doit d’ailleurs desservir totalement Israël puisqu’en plus de la mauvaise image reprise en boucle, les seules données qui arrivent sont celles du Hamas qui en profite pour faire sa « com » par le sang. Et journalistes, analystes et commentateurs en profitent aussi car cela semble une forme de protestation qui fait que les rédactions déversent à longueur de temps les chiffres et les faits proposés par le Hamas sans aucune précaution et sans prise en compte de ceux de la partie adverse, d’autant que ces autres données qui permettraient un rééquilibrage viennent d’une armée et d’un gouvernement qu’ils jugent extrême.
Il me semble que face au projet manipulateur du Hamas qui est le cœur de son action, la prudence et la retenue devrait être de mise et il devrait y avoir des avertissements fréquents sur la nature douteuse de ces infos ou même un picto « attention info Hamas ». C’est le contraire qui se produit : une débauche d’infos douteuses à laquelle, situation aggravante, se superpose un flot incessant de commentaires. Offrir chaque jour une telle tribune au Hamas sans les précautions d’usage est il me semble une entorse terrible à l’éthique de transmission et c’est une catastrophe pour la vérité.
Il y a aussi le fait qu’un grand nombre d’analystes universitaires, qui sont censés décrypter pour nous les situations, sont imbibés du narratif antilibéral et altermondialiste de leurs vingt ans. Ils semblent avoir trouvé là le terrain inespéré pour l’instiller une dernière fois, quitte à s’acoquiner au pire et en devenir de petits porteurs de valises, tout en se présentant irréprochables par leur savoir ou leur expérience de terrain.
Les journalistes animateurs craignant de remettre en question la doxa ambiante (c’est un fait que depuis les Gilets jaunes ils ont bien plus à craindre), préfèrent par facilité grégaire, rester sur un terrain borné par de vieilles grilles de pensée ou n’ont pas le temps de recouper les informations. Et s’il y a connivence, elle est plus de bien pensance, d’émotion facile et ciblée que d’idéologie.
En répondant ainsi à ce blocage mis en place par Israël, devant faire partie de la feuille de route du Hamas, c’est un peu comme si en 40, on avait favorisé la propagande de Goebbels au détriment des informations en provenance de Londres au prétexte que De Gaulle était militaire et de droite.
Le gros « avantage » de cette guerre est qu’il suffit de dire et montrer le visible (réel ou fabriqué) pour emporter l’adhésion du « bon » côté mais l’inconvénient majeur est que ces biais de réalité faussent tout et permettent de tout accréditer par une réalité incontestable mais faussée et si les seuls reporters sont Palestiniens, pensez-vous qu’un seul pourrait émettre une critique envers le Hamas sans risquer pour soi ou sa famille ? (3)
C’est probablement un cas unique concernant les guerres ou la réalité visible n’est pas vraiment la vérité si un effort de discernement n’est pas entrepris. Inversement, on peut volontairement ou naïvement fausser si on s’en tient à la seule réalité des chiffres et du visible : destructions, nombre de morts…
Avec le déluge de débats qui se déverse chaque soir sur nos écrans, le résultat est je crois un cas unique de maltraitance de l’information et de la vérité par omission des spécificités de cette guerre et des manipulations du Hamas qui devraient être constamment énoncées et dénoncées.
Le statut de « bien assis » dans un espace qui pour le moment n’a rien à craindre de ce qui l’entoure empêche aussi de comprendre qu’il y a des actions que la réalité viscérale et les raisons vitales imposent de mener quel qu’en soit le prix et sans aucune assurance du résultat. Si lors de la guerre contre le nazisme, nous l’avions faite un peu mais pas trop en l’arrêtant par trop d’Allemands innocents tués (et pire encore des nôtres de la part de nos alliés), comme le préconisent la plupart des commentateurs, le drapeau nazi flotterait partout en Europe.
Sur le plan de la communication
Elle était un objectif primordial mûrement réfléchi pour le Hamas alors qu’Israël n’était pas préparé à cette guerre des images et des chiffres et leur modèle de communication respecte majoritairement les codes habituels de la communication. Les situations et les informations, même militaires sont analysées et recoupées, avec une opposition qui peut les contredire.
En face, on sait que la « com » du Hamas est faite sans limite de sang, de souffrance des Gazaouis et provient d’organismes à la dénomination sérieuse mais qui sont tous inféodés au Hamas. Tout comme les reporters gazaouis qui sont (ou ne peuvent qu’être) les porte-voix du Hamas pour les médias internationaux dont la plupart n’attendaient que ça pour se défouler sur Israël et surtout Netenyahu.
Famine et génocide
Sur le plan de l’aide alimentaire
Il est incontestable que l’aide alimentaire est une manne pour le Hamas à des fins militaires, de propagande, financière (pour entre-autre pouvoir payer les nouveaux combattants). Il est tout aussi incontestable que beaucoup de photos qui nous montrent des enfants décharnés proviennent d’autres conflits, d’enfants malades ou de montages (comme pour les enfants blessés) (4) . Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas une sous-alimentation chronique à Gaza, toutefois quelques remarques.
– Ce risque de famine a commencé à être évoqué dès les premiers mois de la guerre.
– En 2024, d’après l’UNICEF, 23 % des petits français (soit près d’un enfant sur quatre) ne bénéficiaient pas de trois repas par jour. En Égypte, selon le Programme Alimentaire Mondial (PAM), 9,5 % des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë et 22 % de retard de croissance tandis que 14 % de la population vit dans une constante précarité alimentaire. Au Burundi, 57 % des enfants de moins de cinq ans présentent de graves retards de croissance. Madagascar et le Yémen affichent des taux de 45 %. Au Soudan du Sud, 24 % des enfants souffrent de malnutrition aiguë et d’insuffisance pondérale sévère. Bref, dans le monde, 150 millions d’enfants de moins de cinq ans sont en grave retard de croissance et 42 millions souffrent de faim sévère. Gaza serait très loin de ces taux de carence alimentaires (5).
– Les critères officiels peuvent être interprétés. C’est le problème des chiffres et des courbes qui fonctionnent souvent par paliers (dans ce cas : carence alimentaire, malnutrition, retard de croissance, précarité alimentaire, insuffisance pondérale sévère…). Elles peuvent être intentionnellement orientées en déplacant de peu le curseur. Ce qui d’ailleurs aurait été fait. Les critères internationaux de l’Onu auraient été élargis (avec l’aide d’Ong comme Oxfam dont la directrice est Cécile Duflot) pour parfaire l’accusation de famine à Gaza (6 ).
– Comme pour les reporters et les médias, on peut penser que l’Onu et les ONG (dont je n’ai plus aucun doute sur l’orientation) n’ont pas apprécié les critiques de coopération avec le Hamas, au mieux de laisser faire, ainsi que leurs mises à l’écart. Il n’en fallait pas plus pour qu’elles trouvent des multiples raisons pour refuser la proposition israélienne ou même distribuer en parallèle. Et là aussi, elles se sont empressées de répercuter les chiffres et les images du Hamas malgré les falsifications incontestables.
– Il faut reconnaître qu’organiser la distribution dans un contexte de guerre et dans ces conditions spécifiques (Hamas faisant tout pour en conserver l’exclusivité, nombre d’armes récupérées par des habitants ou des groupuscules informels, peur des soldats israéliens, souvent jeunes en raison de tirs pouvant survenir de partout…) est mission impossible et a été en partie un échec mais Israël ne pouvait laisser le contrôle de l’aide au seul Hamas (les Ong en étant tributaires) pour les raisons évoquées plus haut. C’est donc lui qui est le principal responsable de ce chaos humanitaire mais si on a des convictions préétablies, à l’appui d’une réalité vue dans sa plus simple logique, on peut dire que c’est l’autre.
– En parallèle des photos et vidéos chocs retransmises par nos médias, je scrute d’autres photos et vidéos, j’y vois des adultes amaigris et d’autres bien portants) (7) mais pas de corps décharnés, des mères bien portantes avec des enfants décharnés dans leurs bras (comment peut-on « tomber encore dans le panneau » ?), des enfants courant joyeusement dans l’eau et des adolescents qui ne sont pas rachitiques remercier des militaires israéliens et courir derrière des camions pris d’assaut par des combattants du Hamas. J’ai aussi entendu des Gazaouis se plaindre des prix exorbitants de la nourriture (8), un médecin dire que même ceux qui avaient l’argent pour la payer avaient de plus en plus de difficultés à en trouver. Les Gazaouis ne seraient donc pas aussi vertueux en termes de solidarité et tout le monde sait que les différences de classe sont peu ou prou les mêmes qu’ailleurs. J’ai aussi récemment lu un article de RFI qui disait que des convois étaient pillés et que la nourriture était revendue à des prix exorbitants.
– Malgré les fausses images et vidéos, les infos et les chiffres qui pour la quasi-totalité doivent passer l’étape de la « certification » Hamas, le fait est que c’est probablement la première guerre où l’ennemi essaie de subvenir à la population adverse et que des personnes souhaitant en profiter se font tuer par des siens.
Tous ces paramètres insufflent le doute pour qui ne se satisfait pas de la doxa ambiante. C’est un doute qui met très mal à l’aise et épuise car il oblige à toujours chercher. Si le doute doit profiter à l’accusé, on peut se poser la question de savoir pourquoi c’est l’exact contraire dans ce cas alors que les preuves de mensonges sont incontestables et accablantes ?
Ne voyant rien de similaire aux images du ghetto de Varsovie ou du Biafra et sans nier la malnutrition plus ou moins sévère suivant les zones, similaire à toutes les guerres (imaginons ces mêmes statistiques appliquées tout au long de la seconde guerre mondiale) et quitte à passer pour un salaud, je ne peux pas prononcer ce mot famine dans ce cas, d’autant que je sais de façon incontestable de quoi est capable le Hamas et ses porteurs de valises qui, comme pour « génocide », répètent « famine » à l’envie depuis des lustres (étonnant quand on sait que la population palestinienne a toujours fortement augmenté même aujourd’hui malgré la guerre). D’une façon générale, tant que la guerre sera et qu’il y aura des otages persécutés, je ne prononcerai pas ces mots qui pourraient faire si plaisir au Hamas. Toute guerre comme celle-ci ne peut qu’être terrible pour la population et c’est la même chose dans tous les conflits, la situation aggravante ici, comme pour les civils tués, est de la responsabilité du Hamas.
Quant au génocide
Il est vrai que lorsque l’on combat un ennemi qui glorifie la mort plus que la vie, qui encourage le martyr avec paradis assuré, qui va jusqu’à militariser et embrigader ses enfants, qui se terre dans ses tunnels et laisse son peuple exposé, qui place ses postes de commandement sous les infrastructures vitales…, il est difficile de ne pas risquer le génocide. Pourtant ce mot de génocide employé pour accuser Israël n’est pas nouveau.
– En 1948, Maurice Bardèche, beau-frère de Robert Brasillach (fusillé en 1945 pour intelligence avec l’ennemi), parle de « génocide israélien ».
– Quatorze ans plus tard, l’ancien collaborateur belge (et idéologue néofasciste) Jean Thiriart assure, lui, que « ce qui a été reproché aux Allemands de 1933-1945, (le génocide des juifs) les Israéliens le répètent avec le cynisme présomptueux d’un peuple enivré de trois mille ans de messianisme. »
– Dans les années soixante, Michel Foucault a repris cette accusation de génocide et depuis elle n’a cessé d’être reprise par les suiveurs militants, civils ou militants.
– Sept jours seulement après les massacres du 7 octobre, le néonazi américain David Duke (dont les ouvrages sont traduits en arabe) parle de « génocide sioniste à Gaza ». C’est l’hebdomadaire français d’extrême droite Rivarol qui, depuis le 7 octobre 2023, titre régulièrement sur le « génocide à Gaza » ou l’« épuration ethnique de la Palestine ».
– Concernant le nombre de civils tués, c’est 3 pour 1 terroriste tué alors que c’était de 5 à 7 pour 1 lors de nos guerres contre Daesh ou au Kosovo, guerres similaires car essentiellement urbaines
Si le Hamas n’exposait pas volontairement sa population, ce quota macabre serait plus faible encore. Sans oublier que Gaza est la plus grande concentration de terroristes au monde : entre 40 000 et 60 000 combattants armés pour 2 000 000 habitants.
On voit donc que s’il y avait génocide depuis qu’Israël en était accusé, il n’y aurait plus de Gazaouis à Gaza et que de façon incontestable, le fait de prévenir et de déplacer la population (qui n’est pas déportation) réduit considérablement les pertes civiles.
Comme l’a dit Hitler ou Goebbels qui semble donc toujours d’actualité : « Un mensonge répété dix fois reste un mensonge ; répété dix mille fois, il devient la vérité. »
Pour une information honnête et chiffré qui invalide la notion de génocide :
https://www.causeur.fr/gaza-600-jours-apres-guerre-ou-genocide-312241
Le cas Netanyahu
Il est très critiqué, régulièrement convoqué par la justice et en Israël, il y a une opposition et des élections. C’est donc au peuple israélien à régler ses comptes. Je n’ai aucune sympathie pour les extrémistes d’où qu’ils viennent et donc pour les représentants de son gouvernement. Nous ne devrions pas oublier que nous en avons en grand nombre dans notre parlement (et peut-être même demain au gouvernement) et que nous avons l’exclusivité d’en avoir des deux côtés du spectre politique dont beaucoup sont tout aussi jusqu’au boutistes, malsains et fondamentalistes à leur manière. Chacun pense ce qu’il veut de Netanyahu mais quelle que soit l’option choisie :
– La gauche ne semble pas en meilleur état là-bas qu’ici et tout aussi obsédée de revanche. On peut penser que comme chez nous, elle essaye de se refaire une santé sur le dos des autres d’autant qu’il n’est pas sûr que Netanyahu ne soit pas réélu.
– Comment peut-il arrêter cette guerre alors que l’on sait que le dernier otage libéré signifiera l’arrêt de mort des dirigeants du Hamas encore à Gaza ? Arrêter la guerre et se retirer de Gaza leur suffirait-il et ne le revendiqueraient-ils pas comme une immense victoire ?
– Continuer à échanger les otages au compte-gouttes avec un otage libéré pour 600 prisonniers palestiniens ? Un autre gouvernement aurait-il fait bien mieux ?
– La folle détestation d’Israël aurait-elle été moindre sans les provocations inutiles ?
– Accepter un cesser le feu et un retrait de l’armée qui serait automatiquement brandi comme une victoire par le Hamas ?
J’aimerais trouver dans tout ce que je lis, venant d’Israël ou de débats pointillistes chez nous, des propositions tenant compte de la situation réelle et non de souhaits impossibles dans ce contexte. Quand on lit ou écoute les propos de la foule qui manifeste en Israël (même si l’on comprend l’angoisse des familles) ou même récemment de la part de militaires, on s’aperçoit qu’il y a toujours quelque chose qui cloche, comme si on sautait le mur du réel qui fait que c’est le Hamas qui est entièrement maître du jeu et souhaite le rester jusqu’au bout car c’est sa seule chance de survie et sa possibilité de crier victoire. Ils viennent déjà de le faire à propos de la reconnaissance d’un état palestinien, initiative de notre président et j’imagine qu’il doit pareillement se réjouir des dissensions israéliennes.
Il me semble que la haine de Netanyahu remonte à bien plus loin et que la gauche ayant, élections après élections, beaucoup perdu, elle est aux avant-postes de la contestation. Tout cela ressemble fort à ce qui est chez nous avec notre gauche « aux abois » et avec notre président vilipendé. Sans oublier que nous risquons fort d’avoir prochainement un gouvernement d’extème droite et non quelques ministres comme c’est le cas en Israël.
Michel Gad Wollowick, psychanalyste israélien qui ne me semble pas un dangereux propagandiste le dit très bien : «… je dis à mes amis que votre haine de Netanyahu vous aveugle, je ne dis pas que vous avez raison ou tort de le détester mais votre aveuglement vous aveugle et vous n’apportez rien d’autre. C’est uniquement haine contre haine. Vous ne pensez plus. Chaque fois que je leur demande ce qu’il faudrait faire différemment de ce qui est fait, je n’ai jamais de réponse. »
Là-bas comme ici, la perte de tout ancrage au réel et du bon sens profond qui en découle, qui est aussi ancrage au corps et au vécu, est terrible de conséquences. Le trop-plein de mots, tout de raison raisonnante, de calculs cyniques ou d’égotisme exacerbé, déglutis sans précaution ni proposition véritable et inadaptés aux situations paroxystiques font une tragique dérive des consciences qui ne cesse de se propager (9).
En soulevant le tapis de l’Histoire
En approfondissant sans a priori l’histoire de ce conflit, j’y ai découvert tout un grouillement de manipulations et d’accusation de la part de l’extrême droite comme de l’extrême gauche. Par ces quelques exemples qui complètent ceux sur la notion de génocide (voir précédemment) ainsi que d’autres propos antérieurs (10), on voit l’ampleur de la manipulation. On voit également que la collusion entre extrême droite et extrême gauche ne date pas d’aujourd’hui.
– Après la création d’Israël en 1947, l’Union Soviétique s’est tenue à ses côtés car beaucoup de juifs venus de Russie après les pogroms étaient imprégnés de marxisme et se considéraient comme anticolonialistes. Cette orientation socialiste a été à la base du mouvement sioniste. Jusque dans les années soixante, l’extrême gauche française penchait du côté de cet idéal sioniste, des kibboutz communautaires et la culture juive et ses intellectuels étaient des références.
– Avec la « Guerre froide » et la continuation des mouvements de libération, les choses s’inversent. Les responsables soviétiques voyant là une occasion de prendre le leadership jusque-là occupé par les Anglais et les Français (tous deux chargés d’un mandat par la Société des Nations précédant la création de l’Onu) commencent alors leur travail de manipulation (déjà !) pour faire d’Israël le grand satan libéral numéro deux. Cette opération de propagande menée par le KGB (appelé SIG pour gouvernement juif sioniste) en plus de l’aide organisationnelle et militaire est la « pierre philosophale » de toutes les appréciations qui ont suivi jusqu’à aujourd’hui (10).
– En Occident, ce retournement fonctionne car il y a encore partout l’espérance de la possibilité d’une alternative au libéralisme (une sorte de marxisme humaniste et bienveillant). Cette manipulation fait son chemin jusqu’aux années quatre-vingt où les altermondialistes trouvent là une théorie simpliste en parfaite adéquation avec leurs idéaux. Ils ne la lâcheront plus.
– François Genoux, banquier suisse radicalement antisémite, éditeur testamentaire d’Hitler et membre du Front National Suisse dès sa naissance (il y crée le mouvement des jeunes du FN) reste jusqu’à sa mort le principal soutien financier des mouvements de libération arabe. Il faisait aussi office de relais entre les mouvements arabes et ceux qui les soutenaient en Europe car son statut de financeur de la défense des membres du FPLP, responsables d’attentats (jusqu’à Carlos) lui permettait d’avoir aussi ses entrées du côté de d’extrême gauche et d’effectuer un rapprochement avec l’extrême droite.
– De plus cette approche marxisante « exploiteurs-exploités » permet aux Arabes de cacher le caractère religieux et millénariste de leur projet qui veut qu’une terre conquise soit musulmane pour l’éternité et doit être purifiée soit par la soumission des infidèles (statut de dhimmi) soit par leur anéantissement. C’est aussi une aubaine pour eux car l’acceptation de la création d’un foyer juif en Palestine par les instances internationales avait été justifiée par la Shoah. En retournant l’accusation de génocide, la naissance d’Israël ne se justifiait plus. Cette dissimulation appelée taqïya est aussi un concept fondamental de l’Islam (11).
– Pour leurs soutiens, marxistes communistes et gauchistes, c’était aussi une aubaine de pouvoir effacer cette dimension religieuse qu’ils détestaient et vers laquelle ils n’avaient aucune envie de se déplacer. C’était donc une explication « clé en main » et « rationnelle » qui arrangeait tout le monde.
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Plus tard en Occident, l’extrême gauche trotskiste maoïste, quoiqu’anti-stalinienne, avait encore un petit pied dans le marxisme et dans la vraie stratégique politique. Alors qu’ils avaient été très admiratifs des penseurs juifs révolutionnaires, ils adoptent peu à peu le narratif soviétique et commencent leur grand retournement.
Pierre Goldman, gauchiste et juif avant de devenir truand, décrit très bien comment les juifs révolutionnaires d’alors comme lui sont progressivement soupçonnés et écartés.
- En 1984, les Soviétiques publient un pamphlet de propagande intitulé « les sionistes profitent de la terreur » ou les mots « racisme », « colonialisme » sont employés environ 300 fois en y ajoutant « génocide israélien » et « solution finale à la question palestinienne ». Cette inversion de l’holocauste est toujours la rhétorique soviétique, relancée après la « guerre des six jours » en 1967.
– L’altermondialisme, sous culture politique mise en avant par la « gauche politico-festive post 68 » avec bien moins de cohérence politique et intellectuelle, remplacée par la charge émotionnelle (12) prend le relais et adopte ce narratif qui correspond à leur approche simpliste et binaire faisant des Palestiniens des opprimés pauvres et terrorisés et des Israéliens des colonisateurs surpuissants.
– En 1993, au lendemain des accords d’Oslo, Yasser Arafat déclare : « Les Palestiniens recevront tout territoire qu’Israël leur remettra, puis l’utiliseront comme tremplin pour procéder à d’autres gains territoriaux jusqu’à ce qu’ils obtiennent la libération totale de la Palestine » puis dans une mosquée à Johannesburg : « le djihad continuera […] Je vois cet accord comme n’étant pas plus que l’accord signé entre notre Prophète Muhammad et les Qurayshites à La Mecque » faisant ainsi référence à un accord conclu, puis révoqué par Mahomet. Par cela, il précise que ce n’est qu’une tactique, comme l’avait fait le prohète. Dans l’Islam, la reproduction tel quel des actes de Mahomet est aussi sacrée que les cinq piliers et vivement recommandée pour amplifier les chances de salut (13).
– Il y a aussi eu des coups tordus de la part d’Israël mais ils n’ont pas été de même nature car moins pour des raisons de dogme religieux ou idéologique que par crainte d’une nouvelle solution finale, justifiée au regard de l’Histoire.
– Quand on voit l’ampleur de la manipulation orchestrée par la Russie actuellement en Europe pour essayer de fracturer solidarité et démocratie, on est en droit de se demander si elle n’est pas aussi à la manœuvre dans ce déferlement d’agressivité envers Israël et les juifs, aux côtés cette fois des Frères Musulmans en remplacement de l’intégrisme catholique d’extrême droite. Il est étonnant que les médias ne fassent pas plus le rapprochement entre les récentes actions de déstabilisation (mains rouges, étoile de David…) et accusations actuelles renouvelées (génocide, famine…).
Dès lors, on peut voir comment la passation s’est opérée, de l’antisémitisme de l’extrême droite catholique au « mix » antisémite-antisoniste des staliniens communistes suivant à la lettre la désinformation du grand frère russe puis, par l’intermédiaire des représentants des mouvements de libération palestiniens en France, la transmission s’est faite aux gauchistes trotskistes dont la plupart ont migré vers l’altermondialisme issu de l’entre-deux brumeux de 68, bouclant ainsi le passage de l’antisémitisme à l’antisionisme.
Avec la montée ici de l’islamisme radical et une pensée de plus en plus vaporeuse déconnectée du réel et de l’Histoire, la fusion antisémitisme-antisionisme s’est à nouveau réactivée. Sans oublier en sous-main la nostalgie du Nazisme qui, en terre musulmane n’a jamais cessé et est toujours à l’œuvre ici. D’une rive à l’autre, les deux se réjouissent de ce rapprochement avec l’extrême d’en face, tout en l’entretenant discrètement.
Tout ceci ne pourrait sembler qu’un mauvais scénario complotiste de plus si l’Histoire en marche, les faits et les propos ne l’établissaient de plus en plus.
Un éléphant dans la pièce
Quand on cherche les raisons de la haine contre Israël, antisémitisme ou antisionisme (les deux se superposant désormais), on en cherche des responsables du côté de l’intégrisme catholique ou musulman, d’acharnés comme Soral ou Dieudonné, de journaux comme Rivarol, de certains membres de l’extrême droite et surtout d’extrême gauche, y compris désormais ses disciples verts, rouge ou rose.
– À ce stade, on oublie généralement d’élargir le champ de vision pour voir que ça ne se limite pas aux seuls militants extrémistes et qu’il y a un autre ferment antisioniste bien plus étendu et ayant son origine autour de 68. Ce n’est pas une génération définie par l’âge car il faut en exclure celles et ceux qui s’en sont toujours tenus à distance ou qui ont été assez attentifs aux leçons de l’Histoire en marche pour s’en défaire pour garder la seule part qui est restée enkystée dans l’idéal de ce temps-là. Il faut également l’élargir dans le temps car elle englobe la suivante dont je suis et toutes celles qui ont été réquisitionnées par la suite.
– L’altermondialisme qui est version plus soft que le gauchisme, a inspiré un plus grand nombre souhaitant se régénérer intérieurement par l’émotion et l’indignation. De ce fait, elle a instillé à bas bruit dans bien plus de têtes qui sont aujourd’hui les petites mains qui un peu partout façonnent des pseudo vérités.
– L’Histoire en marche et le réel qui sont nos grands arbitres ont depuis longtemps révélé combien ce rêve de mots et de papiers d’un autre monde possible était ontologiquement impossible et que nous étions trop faibles car trop festifs pour une si grande tâche. Les échecs à répétition étaient malheureusement prévisibles. Certains l’ont très vite compris et d’autres, avec une obstination de bousier, s’obstinent encore dans cette voie qui leur permet de se virginiser à la demande et de garder comme une armure leurs vieux idéaux improductifs.
Ce n’est pas tant une base militante bien définie que toute une « génération », biberonnée à « un autre monde possible » sans arme et sans libéralisme qui, à l’approche de son « grand soir » personnel et après tant de frustrations et d’échecs par trop de déconnexion, tente un dernier coup pour essayer d’éviter le naufrage absolu. Comme Israël a été pendant toutes ces années leur os à ronger, le Hamas offre à ces enkystés et à tous leurs embrigadés de l’après, une dernière occasion de se refaire une petite virginité et d’exprimer sans retenue leur frustration.
Sans hésiter à se rapprocher des factions islamiques d’ailleurs ou d’ici et, par antilibéralisme et décolonialisme, aller jusqu’à inventer des fictions délirantes quant aux vertus libératrices du dogme absolutiste véhiculé par ces factions. Et qu’importe aussi si Soral (voir plus loin) et la crème de l’extrême post covid se réjouissent de ce rapprochement incestueux. Leur soi-disant éthique n’aura été qu’une morale de pacotille toute trouée. Cela se voyait depuis longtemps et c’est désormais une évidence.
Comme ces « rebellocrates de salon » sont imbibés de la culture de l’autre « grand satan » qui les a tant bercé et qu’il peut avoir quelque utilité pour leur propre liberté, ils se défoulent sur Israël dont ils pensent que la disparition n’attentera pas à leur bien-être. C’est au bout du compte une pure folie d’approximations au service d’une réalité purifiée par la magie des mots et du papier que le wokisme et l’extrême gauche en politique viennent de raviver, faisant renaître l’espoir dans leurs rangs.
En cela, ce n’est pas du vrai antisémitisme et l’Histoire en marche montre que leur antisionisme est trop simpliste pour être recevable mais c’est peut-être pire car chacun(e), à la place où il est, responsable dans une Ong, un syndicat, journaliste, universitaire ou bien assis lambda, chez soi ou dans la rue, peut instiller un peu de mensonge et côtoyer avec une naïveté confondante et l’assurance épanouie, les pires manipulateurs et les frères autocrates religieux ou « révolutionnaires », d’ici ou de là-bas qui, pour des raisons diverses mais avec un même acharnement veulent la fin d’Israël et par là même, jeter avec l’eau du bain libéral, les valeurs démocratiques. Cette cohorte millénariste, bien élevée et béate de certitudes est pour moi le pire pour aujourd’hui car cet antisionisme diffus régénére l’antisémitisme ancien.
J’ai baigné dans l’altermondialisme et j’y ai encore quelques connaissances (quoiqu’ils me tiennent à distance et c’est tant mieux) et c’est de là que je parle. Si vous échangez avec ces personnes, elles se défendront d’être antisémites. Elles sont avant tout antilibérales (sans trop savoir) et comme pour les islamistes, Israël est l’épicentre de leur détestation. Ce libéralisme (ou ultralibéralisme quand ça ne suffit plus) honni en terre de purs colonisés est une mythologie de remplacement ou le patriarcat ne peut être que blanc et non arabe, où ceux-ci ne peuvent être ni riches, ni exploiteurs, encore moins colonisateurs et où les lois séculaires ne sont que chez ceux d’en face…
J’ai donc peur que pour ce combat qui ne fait que commencer, nous nous trompions de cibles et de mots et qu’en mal nommant les choses une fois de plus, nous fassions le bonheur de nos ennemis. Je pense aussi que notre grand mal ici a bien plus son origine dans ce déni du réel d’une génération qui ainsi a pu tout se permettre. Comme la plupart de celles et ceux qui font l’opinion viennent ce côté-là, on peut compter sur eux pour faire omerta et continuer à accuser le libéralisme et Israël.
La grande convergence des meutes
Toute critique envers Israël est recevable dès lors qu’elle est argumentée mais aujourd’hui on n’en est plus là, l’unilatéralisme acharné de l’accusation le prouve alors même que le Hamas a commis le plus abject envers des habitants d’Israël, le continue avec sa propre population et alors qu’il y a des otages enfermés comme des rats depuis deux ans. Que cela soit passé sous silence pour s’en prendre sans retenue à Israël démontre que nous sommes déjà dans une convergence de meutes nauséeuse.
Derrière l’aspect bien mis on entend grouiller les rancœurs, le besoin de tenir un coupable entre ses dents et de « faire corps » pour le dépecer par les mots et la désinformation.
Il est effrayant de voir converger dans cet hallali sans précédent, gauchistes et petite gauche, ultra droite, islamistes, écologistes, altermondialistes, syndicalistes, petits suiveurs puritains, journalistes et analystes enkistés dans leur seule raison-raisonnante… toutes et tous allant main dans la main, de l’antisionisme à l’antisémitisme, désormais indissociables.
C’est le dernier mauvais coup et peut-être le pire, pour là-bas et ici, d’une génération qui fut belle et respectable à ses débuts mais qui c’est peu à peu avachie dans le confort de ses certitudes.
Dès le lendemain du 7 octobre, Alain Soral, antisémite notoire et avec lui toute l’ultra droite utilisent ce retournement de l’accusation pour s’en prendre sans retenue à Israël. Ce même Alain Soral, quelque temps auparavant, avait dit à propos d’un livre de l’ultra-gauche édité par en Allemagne par une maison d’édition ultra-droite : « l’extrême gauche comprend que le conspirationnisme est la nouvelle intelligence politique ». Il y a même vu le signe que « le complotisme intelligent de la droite nationale » aurait « contaminé la partie la plus sérieuse, celle qui réfléchit sans œillères, de l’extrême gauche », estimant que « des programmes communs se profilent ».
Il ne croyait pas si bien dire comme on le voit désormais avec l’apparition du Rouge-Brun-Vert (vert pour les écologistes autant que les islamistes) que ce soit durant les marches des Gilets Jaunes, le rapprochement des extrêmes à l’Assemblée Nationale et l’Islamo-gauchisme devenu réalité intangible.
Pour là-bas, pour ici, pour demain
Pour là-bas
Y aura-t-il un état palestinien un jour ? C’est évidemment respectable et souhaitable mais ce n’est probablement pas pour demain.
– Les révolutions arabes ont montré comment elles se sont heurtées au retour de l’islam radical par voie électorale. Et comme loi divine et loi humaine sont inséparables, ces populations préfèrent majoritairement la loi coranique aux lois démocratiques qu’elles jugent bien trop laxistes sur le plan des mœurs pour être compatibles avec les interdits préconisés par l’Islam. La peur que ce qui q’est passé en Algérie en 1992 ou en Égypte en 1954 oblige à toutes les dérives. La situation actuelle en Syrie montre que rien n’est acquis par avance.
– Dès lors, un état palestinien qui, après élections, pencherait vers ce côté obscur, moins sadique mais tout aussi islamique que le Hamas avec le même objectif d’arriver à long terme (c’est ce qui fait une différence d’approche de la temporalité là-bas et ici) a expulser Israël d’une terre consacrée pour l’éternité à l’Islam, signerait la fin d’Israël. – Quoiqu’en disent nos exégètes rationnalistes qui se contentent d’appliquer leurs grilles de lecture habituelles, purifiée de toute identification à la religion, c’est au bout du compte fondamentalement un problème religieux. Tout cela, les israélien(ne)s le savent et ne peuvent se permettre le risque d’un nouvel état islamique démocratiquement élu à leurs frontières.
– Malgré des évolutions et une sérieuse réduction du Hamas, il reste beaucoup d’ennemis d’Israël potentiellement dangereux qui veulent sa disparition (Hezbola, Frères Musulmans, Iran surtout…) et chaque concession d’Israël a été suivie d’attaques, d’attentats, de guerres et de pluie de roquettes.
– L’autre problème est que pour qu’un état palestinien soit constitué, il faut pour gouverner une figure ou une organisation qui inspirerait assez confiance aux Palestiniens et aux Israéliens et pour le moment il n’y en a pas.
– D’autre part, la destruction d’Israël est encore dans une majorité de têtes car cela fait partie du ba-ba inculqués depuis des lustres aux enfants dès qu’ils savent parler. Même Yasser Arafat l’a suggéré au lendemain des accords d’Oslo, en disant par deux fois que ce n’était qu’une tactique, un taqîya comme l’avait fait Mahommet (en Islam, la reproduction tel quel des actes du prophète est recommandée) (13).
– Au lendemain de cette shoah d’un jour du 7 octobre, Mahmoud Abbas s’en est enthousiasmé et même s’il est revenu sur ses propos, l’Autorité Palestinienne était présente aux côtés du Hamas lors de la libération des otages et a très peu de crédibilité.
– D’autre part dans leur grande mansuétude, l’ONU a, chose unique, accordé le statut de réfugiés à toute la descendance des premiers qui ont été les premiers à s’exiler. Sitôt élu, on peut penser que le gouvernement s’empresserait de leur accorder le droit au retour, ce qui serait normal mais qui signifierait aussi la fin d’Israël.
– Côté Israélien, en plus du problème de sécurité, il y a celui de la démographie qui va encore augmenter en raison de l’escalade antisémite en Europe. Rendre des terres gagnées lors des guerres menées contre eux devient de plus en plus problématique pour eux.
Pour ici
– Le fait que l’angle de vue majoritaire soit devenu norme dans l’espace public et sur les réseaux sociaux avec des termes inappropriés et extrêmes tel que génocide, déportation, famine… est un indicateur effrayant de ce qu’il se passe ici car, soit nous sommes victimes d’une idéologisation à bas bruit qui depuis soixante ans nous a intoxiqué, soit et c’est beaucoup plus grave, d’une atrophie cérébrale consistant à tout analyser de façon pointilliste et à digresser sans fin et sans corps, sans ressenti par rapport à la folie viscérale de certaines situations et de la réalité que nous portons en nous comme la peur ou l’instinct de survie que nous ne voulons plus voir.
– Cette raison raisonnante en surplomb, capable de rationaliser l’Histoire en marche et d’organiser le réel à sa guise est aussi tragique car elle autorise toutes les collaborations à « bas bruit » de la part de « bien mis » éduquées qui apportent sur un plateau, à celles et ceux qui en manquent, le petit panier lexical qui leur donne apparence érudite, pseudo-cohérence et justification sans avoir à chercher plus loin.
– Cette guerre là-bas révèle l’ampleur des dégâts ici car plus on pense approfondir par la seule raison, plus on se perd et on s’éloigne du réel et de soi. Ce biais cognitif ainsi que la maltraitance informationnelle font cette perdition intérieure.
– On peut aussi penser que si la réaction et le retournement de la charge ont été aussi paroxystiques, c’est en miroir d’égale intensité à la rage intérieure du fait de la dimension de l’acte commis par ceux qu’on avait tant mythifiés et qui sont venu souiller notre humanité commune par ce Mal absolu consistant à s’acharner sur les morts, éventrer des femmes, brûler des enfants…
Ce qui vient est déjà là
Les temps sont en train de « mal » changer et la petite pensée grégaire accommodante et surémotionnelle risque de nous être d’aucun secours voire d’amplifier la situation. Notre statut de bien mis ne protège pas des instincts de meute et de la folie. Nous avons déjà les machettes verbales, les « radios Mille Collines ». Les « belles âmes » peuvent aussi faire des monstruosités comme on l’a vu en 1940, en Allemagne et en Autriche. C’est souvent quand on se sent le plus hors d’atteinte que l’on est le plus près de sombrer. Nous devrions donc être bien plus prudents envers nous-même car ce conflit là-bas révèle déjà l’étendue des dégâts ici et me semble un cap majeur de cette montée au désastre. L’Histoire le dira mais celui qui le pressent doit en faire autant.
Ce conflit là bas révèle déjà l’étendue des dégâts ici. Le plus grand paradoxe vient de la différence d’approche de la réalité entre des personnes qui là-bas ou ailleurs luttent pour leur survie, qui ont peur, qui doivent prendre des décisions qui les engagent sans trop savoir si elles seront bénéfice ou chaos et celle de « bien assis » ici qui barbotent depuis des lustres dans une sécurité et un confort, pour le moment assurés.
Cette dichotomie est exponentielle car de ce côté là nous nous n’abordons plus la réalité que par la seule raison raisonnante à laquelle nous rajoutons les émotions et les indignations qui nous conviennent pour restaurer sans cesse notre petit capital virginisateur. Ce mouvement, commencé ici avec la césure entre monde ouvrier et gauche intellectuelle « festive », n’a cessé depuis de se déplacer vers les limbes d’une crédulité sans limite. Nous ne voyons plus désormais que ce que nous voulons croire quand autres sont obligés de se coltiner une réalité crue et indépassable qui ne permet que d’aller vers son risque. Jusqu’à l’absurde parfois.
La grande invention de cette génération 68 fut le « Ni,ni-Tout,tout » : ni marxisme, ni libéralisme mais de l’un à l’autre au gré des envies de pureté ou de liberté. Ce fut un rêve sympathique auquel il était bon de croire mais sa prolongation sans limite malgré ce que l’Histoire en marche fait de nos croyances a conduit à toutes les approximations à à tous les petits arrangements permettant d’enjamber le réel, de s’en affranchir en le faisant entrer de force dans des réalités cérébrales et ainsi de s’autoriser des digressions à l’infini avec grands effets de manches, de transformer faiblesses et échecs en certitudes tout en s’acoquinant au pire avec l’assurance du « bon pasteur ». Sans oublier de se « revirginiser » au passage et de continuer à faire les malins jusqu’à la fin. Et plutôt que de comprendre que les eaux stagnantes finissent toujours par croupir et empoisonner l’air de tous, il a été préférable d’accuser le libéralisme et les réseaux sociaux de cette dérive des consciences qui ne cesse de grandir.
Depuis soixante ans, ces éternels adolescents, trop bien nés et trop gavés des bienfaits que leur soi disant ennemi leur procure en terme de sécurité ainsi que liberté de penser et de vivre, n’ont cessé de prolonger leurs chimères de pureté et d’égalitarisme simpliste que l’Histoire en marche a systématiquement défait. À l’évidence désormais, cette « génération » de fossoyeurs de vérités intrinsèques n’aura été que faiblesse, se sera menti sans répit, se sera arrangée avec tout ce qui accréditait son beau miroir et pour cela aura fabriqué des mythologies pathétiques. Où quand la stagnation dans la naïveté, le manque de lucidité et de discernement ainsi que le refus de voir ce qui est en soi comme au dehors peut aussi être source de perdition.
Leur mauvaise conscience et leur soif de revanche font que nos vieux tigres de papier et toutes leurs ouailles maraboutées, parées de leurs breloques grandiloquentes, sont enkystés dans une obsession maladive et une stupidité de bornés qui fait qu’ils peuvent tout oser en nous entraîner vers chaos entre nous et en saccageant les valeurs qui font notre « supplément d’âme » alors que nous aurions besoin d’une infinité de pragmatisme, de réalisme et d’unité pour nous préparer à affronter ce demain furieux qui est déjà là pour certains.
La virulence de leurs machettes verbales et de leurs radios « mille collines » sont un avant-goût de la barbarie généralisée qui pointe déjà et qui sera peut-être la pire avant la chute finale. Cette double situation orwellienne est infiniment tragique et bien plus profonde que les fariboles que l’on agite ordinairement car elle semble aussi révéler de tout ce qui butte en nous malgré notre superbe intellectuelle et créative.
Ce qui n’est pas dit pour de bonnes raisons comme l’éthique journalistique ou le doute, moins bonnes comme plis de pensée universitaires, brouillard pointilliste sans corps ni vécu, pires comme omerta générationnelle ou idéologique, déconnexion cognitive, accommodements de confort… forme un nuage d’interférences qui, avec les réseaux sociaux, brouillent la recherche de la vérité et de la réalité. Hors, il me semble que cette quête est une absolue nécessité dès lors que l’Intelligence Artificielle progresse sans relâche, que l’artificialisation des esprits est déjà bien avancée, que l’émotion domine la raison et que les manipulations sont sans limite. Elle est probablement notre dernière utopie et une voie pour essayer d’être à la hauteur de ce sans répit qui vient et pour se tenir à distance de l’esprit de meute qui le rendra bien pire.
L’IA ne finira-t-elle pas de parachever le chantier que nous sommes en train d’avancer par nous-même, en nous-même (ce que n’avait pas imaginé Georges Orwell) ?
Pour le Hamas, cette guerre planifiée semble leur « mère des batailles » et pour les vieux soixanthuitadés si proches de leur grand soir personnel, c’est la même chose qu’ils singent, comme ils l’ont toujours fait. Après avoir tant échoués, il rêvent d’un dernier coup pour essayer de se refaire une beauté et ce conflit leur en offre une occasion inespérée. Rien d’étonnant donc à ce que l’effroyable « bêtise au front de taureau » ne revienne par ces « si bien mis ».
IL NE RESTE PLUS QU’À ESPÉRER QUE L’ESPRIT DE RÉSISTANCE REVIENNE VITE. IL SERAIT BIEN QUE DES PERSONNALITÉS MÉDIATIQUES COMMENCENT DÉJÀ À ALERTER PLUS VIGOUREUSEMENT ET QUE NOUS COMMENCIONS À RASSEMBLER NOTRE ÉNERGIE POUR ESSAYER DE SAUVER CE QUI PEUT ENCORE L’ÊTRE. AU DEHORS COMME AU DEDANS.
Épilogue
Je finis ce texte alors que les derniers otages israéliens viennent d’être libérés et que la guerre a momentanément cessé. Ces deux années de recherche et d’écoute m’auront révélé combien l’ampleur manipulatoire pour ce conflit là-bas, commencé dès la création d’Israël, aura servi de cadre de référence et de matrice à ce qui a été ici depuis.
Il m’apparaît désormais que cette entreprise de falsification, instituée et transmise par l’Union Soviétique jusqu’aux années 80 a largement dépassé le cadre du Moyen-Orient. Elle est devenue processus légalisé permettant de retourner, d’accuser et de dissimuler « à la demande ».
Cela a commencé ici avec la collaboration des communistes durant le pacte germano-soviétique (qui, ne l’oublions pas, a été rompu par Hitler) puis les omertas sur l’invasion première de l’Afghanistan, du Vietnam…, et a ensuite été adopté par celles et ceux qui ont poussé sur ce terreau prétendument vertueux. Jusqu’aux accusations actuelles de fascisme ou de suppôt du RN par ces mêmes qui n’ont cessé d' »engraisser la bête » depuis son apparition. L’Histoire le montre désormais mais le voilement est toujours aussi puissant et efficace car, à la différence de ce qui a été fait par d’autres comme les États-Unis, il bénéficie de la certification du Bien.
Renversements accusatoires, falsifications historiques, simplifications outrancières, malhonnêteté intellectuelle, facilités et aveuglements émotifs, inconséquence accommodante, jusqu’à la profonde déconnexion au réel à laquelle nous assistons, viennent en grande partie de cette gauche post 68 qui fut une belle espérance mais qui a peu à peu tout embrumé d’un voile malsain. Par volonté ou petit suivisme réconfortant, sans que l’on sache ce qui est pire.
Au-delà de cette recherche personnelle et de ce dévoilement, ce 7 octobre restera pour moi un abîme de sidération sur ce que d’autres semblables ont été capables de faire. Que je n’aurai cru voir de mon vivant.
Les boucheries précédemment vues par écran interposé avaient pour cause une peur exacerbée par la manipulation jusqu’à un point de basculement. Elles n’avaient pas pour origine un plan de communication par le plus d’horreur, minutieusement préparé en vue de d’obliger la partie adverse à une réponse incontrôlable et le reste du monde, saturé d’émotivité, à réagir à cette violence engendrée par la condamnation de la victime. C’est cette préméditation méticuleuse qui, par le fond et la forme en fait un Mal absolu que rien ne peut justifier.
Pour là-bas et pour cela, je pense toujours qu’Israël n’avait pas d’autre choix que de faire ce qui a été fait. Malgré les protestations et les commentaires, là-bas comme ici, je ne sais toujours pas en quoi consistait réellement (ce mot à toute son importance) une alternative à cette guerre impossible, à moins d’accepter une nouvelle humiliation pour Israël que le Hamas se serait fait un plaisir sadique à mettre en scène et une victoire clamée très haut par ce dernier. Rien de ce que j’ai entendu de contradictoire pendant ces deux années ne m’a convaincu.
Ce qui est sûr, c’est que cette guerre aurait pu être bien moins tragique pour les habitants de Gaza si le Hamas avait accepté sa population dans ses tunnels, s’ils ne les avaient pas creusés sciemment sous les infrastructures essentielles et s’ils ne s’étaient pas approprié la manne alimentaire pour la revendre et pouvoir payer ses combattants. Ceci est désormais incontestable comme l’est son projet absolutiste qui n’a rien à voir avec une quelconque revendication territoriale.
Quant au futur état palestinien, quel en serait sa nature à la suite de futures échéances électorales libres ? Démocratie ou sécularité coranique. Ici comme ailleurs en terre musulmane, les replis stratégiques des islamistes seront toujours des avancées tant que les majorités préféreront la loi de Dieu à celles des humains.
Concernant Netanyahu, refusant l’esprit de meute envers notre président, je laisse au peuple israélien le soin de juger le sien. D’autant plus que nous avons ici deux extrêmes qui font déjà la loi et dont on ne sait même plus qu’elle est la pire. On sait par contre que celle qui risque fort d’être bientôt sur le podium y aura été grandement portée celles et ceux qui s’en prétendent irréprochables ennemis. Autre situation orwellienne qui devrait nous rendre plus tempérés et lucides.
Je me rends aussi compte que si je penche désormais un peu plus vers Israël, c’est que de ce côté-là, j’ai entendu de nombreuses personnes exprimer des doutes et des remords, être critiques envers eux-mêmes et la politique de leur pays, regretter certains actes ou des rapprochements manqués de peu, même parmi des personnes de premier plan (je pense notamment au documentaire « The Gatekeepers » ou d’anciens directeurs du Shin Bet s’expriment).
En face, je n’ai entendu que reproches et accusations envers Israël ou l’Occident et dans les analyses, l’oubli quasi systématique des erreurs, des responsabilités, des atrocités commises à cause de la part malsaine de leur dogme.
Si on s’interdit de juger tout un peuple, il y a probablement des raisons à ce comportement : essentialisme du dogme appris et transmis depuis l’enfance, totale prise en charge financière extérieure (légitime de par leur statut) et soutiens aveuglés qui en ont fait des opprimés de toute éternité, refus inconscient de devoir affronter la sauvagerie des siens légitimée depuis des siècles…
De la pureté absolutiste à la purification radicale, il n’y a parfois qu’un pas et, comme pour les Allemands de 40, ce n’est pas tant les personnes qui sont responsables que ce que les doctrines mortifères encouragent. Je ne vois donc rien d’islamophobe à dire cela car j’espère sincèrement qu’ils arriveront à dépasser ces contradictions fondamentales, terribles pour eux et pour les autres.
À deux musulmans avec qui j’échangeais lors d’un rassemblement pour Gaza, j’ai dit un jour : « Vous vous êtes tiré une balle dans le pied en rendant votre monothéisme absolument pur de par sa transmission divine directe, vous obligeant ainsi à tout prendre au pied de la lettre et de ce fait vous interdisant toute contextualisation, non seulement au-dedans de vous mais aussi pour l’organisation de votre vie commune. Malheureusement, il n’y a que vous qui pouvez vous retirez cette balle. J’espère sincèrement que vous y arriviez, même si je pense que vous aurez beaucoup de mal. »
Pour ici et par ce qui a suivi ce 7 octobre, ma sidération a été moindre car je piste depuis longtemps cette montée au désastre et à l’ensauvagement qui n’est pas que le fait que des banlieues et du narcotrafic. En se focalisant sur ce public, on oublie de voir qu’une forme d’absolutisme idéologique, aussi obstiné qu’inopérant, auquel il faut ajouter les croyances simplistes, le déni de réalité et un bavardage incessant déconnecté de soi fait depuis soixante ans une perdition intérieure exponentielle chez une bien plus grande part de la population. Elle conduit aussi sûrement à l’esprit de meute revanchard autorisant les formes les plus paroxystiques d’expression.
Les temps sont en train de « mal » changer et la petite pensée grégaire accommodante et sur émotionnelle risque de nous être d’aucun secours voire d’amplifier le carnage. Notre statut de bien mis ne protège pas des instincts de meute et de la folie, les « belles âmes » pouvant aussi faire de « belles » monstruosités comme on l’a vu en 1940, en Allemagne et en Autriche. C’est souvent quand on se sent le plus hors d’atteinte que l’on est le plus près de sombrer. Nous avons déjà les machettes verbales et nos « radios Mille Collines » émettent de plus en plus fort.
Nous devrions donc être bien plus prudents envers nous-même car ce conflit là-bas révèle déjà l’étendue des dégâts ici et me semble un cap majeur de cette montée au désastre. L’Histoire le dira mais celui qui le pressent doit en faire autant.
Mes propos sont-ils trop accusateurs, excessifs, voire délirants ? Je n’en sais rien. Je sais seulement que ce que j’ai écrit après chaque éruption conflictuelle ou sur ma « génération » me semble être attesté par l’Histoire en marche et chacune de ces étapes me semble une avancée vers un plus grand désastre dont on peut facilement prévoir qu’il fera le pire lorsque ce grand soir climatique qui vient sera bien plus que graphiques et commentaires.
RESSOURCES
(1) Retransmission vidéo (et traduite) de l’interrogatoire des terroristes arrêtés par Israël après le 7 octobre ou il est dit : « À Gaza, n’importe quel terroriste du Hamas qui ramenait un otage avait en récompense un appartement et 10 000 dollars » : https://www.youtube.com/watch?v=jJH_RplaQ9w&t=71s
(2) Voir à ce sujet l’impressionnant documentaire réalisé par Michaël Prazan : https://www.youtube.com/watch?v=8g0GDZmuqAo&t=42s
(3) Vidéo édifiante : https://www.dailymotion.com/video/x9o9z5c
Même si c’est sur LCI, c’est Julien Dray qui le dit : https://www.youtube.com/watch?v=YaXtoewKpR4
(4) Voir autre vidéo édifiante : https://www.youtube.com/watch?v=BMkrHh-d4FA
Lire aussi : https://www.i24news.tv/fr/actu/israel-en-guerre/artc-propagande-du-hamas-devoilee-un-enfant-gazaoui-pretendument-affame-avait-ete-soigne-en-israel-pour-une-maladie
(6) https://www.youtube.com/watch?v=9pi412W006s
(7) Voir par exemple la photo : https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20250727-gaza-isra%C3%ABl-annonce-une-pause-tactique-quotidienne-pour-faciliter-la-distribution-d-aide-humanitaire
(9) Interview de Charles Rojzman, philosophe et sociologue qui parle de ce déni du réel et de l’aveuglement des élites françaises et européennes :
https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20250730-je-ne-vois-rien-de-l-aide-qui-arrive-%C3%A0-gaza-l-aide-humanitaire-revendue-%C3%A0-prix-d-or
(10) Il est à noter que les mouvements de libération de la Palestine ont été biberonnés par l’Union Soviétiques d’une part mais aussi par des rejetons du Nazisme comme François Genoux, banquier suisse, éditeur testamentaire d’Hitler, radicalement antisémite et actif au Front National dès sa naissance où il y crée le mouvement des jeunes du FN. Il a été jusqu’à sa mort le soutien et le financier des mouvements de libération arabe dont le FPLP palestinien et fait office de pivot entre les mouvements arabes et ceux qui les soutenaient en Europe, d’extrême droite ou d’extrême gauche. Avant cela, il y avait eu le Mufti de Jérusalem, ami de Goebels et Hitler qui l’ont accueilli en Allemagne pendant toute la guerre et à la fin, recherché par les Anglais, il a du son salut à la France qui l’a fait exfiltrer au Liban. Durant son séjour en Allemagne, Il travaille à des émissions de radio de propagande nazies pour le monde arabe et musulman et où il exhorte les auditeurs à « tuer les Juifs où qu’on les trouve [car] cela satisfait Dieu, l’histoire et la religion ; cela sauve votre honneur ! ». En mai 1943, il collabore aux recrutements de musulmans des Balkans pour former une division SS constituée de musulmans bosniaques. Le 2 novembre 1943, il déclare à Berlin que « les musulmans devraient suivre l’exemple des Allemands qui ont trouvé la solution définitive au problème juif ». Il a été à la manœuvre concernant le premier grand pogrom de Jérusalem et a toujours empêché le rapprochement entre Israéliens et Palestiniens. Jusqu’au dernier tweet de la Palestinienne récemment accueillie en France, la référence à Hitler est omniprésente en terre musulmane.
(11) La taqîya peut être définie comme « la dissimulation des opinions religieuses, légalement autorisée pour les musulmans en cas de contrainte ou de grave danger ». La source de la taqiya étant le texte coranique, son principe est « général en Islam » (wikipedia).
(12) Stéphane Hessel, auteur du célèbre « Indignez-vous », bible de l’indignation sélective hors vacances scolaires, écrivait dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung en janvier 2011 : « L’occupation allemande était, si on la compare avec l’occupation actuelle de la Palestine par les Israéliens, une occupation relativement inoffensive, abstraction faite d’éléments d’exception comme les incarcérations, les internements, les exécutions, ainsi que le vol d’œuvres d’art. » . Dans son petit livre, il faisait de la cause palestinienne la mère de l’indignation.
(13) Source Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_d%27Oslo
Et entretien qui me semble assez juste car non partial sur la difficulté d’un état palestinien :https://www.youtube.com/watch?v=GF4UOjsBqUo&t=2268s
>> Pour lire la lettre de présentation accompagnant ce texte, cliquez-ici