On y est ?

C’est un lettre un peu rageuse écrite dans la nuit du 9 juin qui a vu la victoire du RN aux élections européennes.

 Si on essaie de comprendre ce qui fait dérive sectaire et disciples embastillés, il y a quelques critères qui émergent:

Le fait que les adeptes retournent toujours la charge de l’accusation bien que la réalité et l’évolution de l’Histoire dévoilent leurs malfaçons et la dérive intellectuelle et morale qui y a conduit. Et cherchent toujours des responsables à accuser pour masquer leur inanité et leur faiblesse.

Le fait qu’ils trouvent toujours les mots pour justifier l’injustifiable.

Le fait qu’ils se pensent le camp du Bien pour l’éternité et de ce fait ne peuvent voir le caractère changeant de toute chose.

Le fait qu’ils s’arrogent des valeurs gratifiantes auxquelles ils adjoignent des phrases totémiques qui les confortent sans équivoque.

Le fait qu’ils se défendent d’être embastillés quoique vous leur présentiez d’arguments qui le démontrent et que le percevant tout de même un peu, ils préfèrent « en rajouter » pour ne pas se déshonorer à avoir été bernés. S’ils sont nombreux, ont apparence bienveillante et font norme, ils sont plus difficiles à extraire de leur gangue qui fait leur enfermement.

SI DONC TOUT CELA A UNE CERTAINE EXACTITUDE, IL EST PERMIS DE CONSIDÉRER QUE DEUX CAMPS CHEZ NOUS COCHENT TOUTES LES CASES : LA DROITE EXTRÊME ET LA GAUCHE TOUTE ENTIÈRE (plus encore peut-être cette dernière par l’aisance rhétorique de ses passeurs). AVEC LA CONDESCENDANCE HAUTAINE QUI NOUS CARACTÉRISE, ON OBSERVE AU LOIN REVENIR CE TRUMPISME INQUIÉTANT SANS S’APERCEVOIR QUE NOUS EN AVONS DEUX ICI.

On va me dire que pour le RN passe encore mais comment mettre toute la gauche dans le même sac ? Ce n’est pas toute la gauche car je ne confonds pas celle d’avant soixante-huit qui était à sa juste place et qui par sa cohérence a été positive pour notre pays à celle de l’après qui, par son déni de réalité, ses petits arrangements, ses falsifications, ses rêveries déconnectées… a grandement faussé les esprits, a produit lorsqu’elle a été au pouvoir des lois qui nous obligent à mendier auprès de la richesse internationale, à fait monter le FN par calcul politique avec Mitterrand et inexorablement le RN ensuite par déconnexion idéologique. Et qui aboutit aujourd’hui à ce que nous voyons avec effroi et colère. À la différence des autres gauches européennes qui, vues de loin, ne me semblent pas embastillées dans cette gloriole révolutionnaire issue de notre glorieux passé que les « Je suis de gauche, moi » n’arrêtent pas de singer.

JE NE PARLE DONC QUE DE NOTRE GAUCHE À NOUS DONT LES MALFAÇONS SONT À CHERCHER DU CÔTÉ DE 68 ET DE SES ADEPTES QUI LUI ACCORDENT L’ABSOLUTION QUELLES QUE SOIENT SES DÉRIVES MALSAINES. QUI FAIT DONC QU’ELLE PEUT TOUT SE PERMETTRE.

Comme franchir le Rubicon du cynisme dans tous les sens : une première fois en s’associant à son extrême pour se sauver, une seconde fois en la reniant pour aller rejoindre celui que cette dernière considère comme traître libéral. Et désormais une troisième en y revenant. Comme falsifier l’Histoire du côté de la Palestine et favoriser l’antisémitisme ici.

Comme avoir soutenu et servi jusqu’à aujourd’hui les pires autocrates de la planète et avoir été leurs « idiots utiles » qui parfois, comme en Iran, se sont faits massacrer par les premiers, bien plus cohérents et pragmatiques.

Comme avoir joué au révolutionnaire sans oser faire la révolution, tout en faisant semblant de la faire. Et en s’envolant en « low coast » dès l’été venu pour profiter des avantages que ce « grand Satan » de libéralisme propose.

Cette épopée de faussaires, avec tous les mots et tous les appuis qu’il faut, a considérablement participé au dérèglement des consciences que nous voyons jour après jour à l’œuvre et qui risque fort de rendre le feu d’artifice climatique plus éclatant encore. Comme dans toute soumission volontaire à l’enfermement, plus on s’en extrait et plus on s’en éloigne et plus apparaît avec effarement ce que l’on ne pouvait voir quand on y était dedans.

Ayant conservé mon humanisme (dont la gauche nous a honteusement dépossédés à son profit) et une envie de concorde, j’ai essayé de faire au mieux et je me suis engagé pour faire en sorte que le RN n’arrive au pouvoir. Chercher une voie de pragmatisme et de cohérence moins embourbée dans un idéologisme vaseux m’a donné énergie pour le combattre malgré les sourires condescendants et parfois les propos accusatoires de mes connaissances de « Gôôche ». J’y ai aussi rencontré des belles personnes qui avec humilité et lucidité, ayant depuis longtemps compris que toute alternative à l’économie de marché est illusoire, ont trouvé plus productif d’en canaliser le cours tout en faisant en sorte de ne pas gripper sa capacité à produire de la richesse à redistribuer. Plus intelligent que de faire des barrages à tout va et de se faire emporter. Comment pourrait-il en être autrement quand, faute de vraie alternative à l’image du marxisme, on est obligé de garder la règle fondamentale de l’ennemi? Cette incohérence fondamentale et cette réponse appauvrissant notre pays commun.

AUJOURD’HUI, TROP C’EST TROP, IL ME SERA IMPOSSIBLE DE PRENDRE PART À CETTE BAGARRE ENTRE DEUX « TRUMPISMES », PETITS CAMPS AUTOPROCLAMÉS DU BIEN IDÉALISÉ, S’ILS ARRIVENT EN TÊTE AU PREMIER TOUR.BAGARRE QUI VERRA PROBABLEMENT MARINE DEVENIR NOTRE PROCHAINE MARIANNE.

La honte étant moins dans les adeptes du RN que dans ceux de l’autre côté qui, par leurs délires déconnectés, l’ont promu et poussé marche après marche. Apparemment cette gauche, botoxée de bons sentiments et gonflée de certitudes dont celle de se penser indispensable, vient de se vautrer à nouveau dans l’immoralité avec le nouveau front commun. Une sorte de Nupes bis sans Mélenchon mais avec tous les autres, quelle farce lugubre ! À rire et à pleurer quand on sait ce que cela a déjà donné et que les « bien trop, pas assez » ont déjà sorti leurs frondes.

POUR MA PART, DEUX FRONTS BORNÉS, C’EST TROP À AFFRONTER ET PLUS ENCORE S’IL FAUT LES DÉPARTAGER. J’ai un jardin avec un arbre magnifique, des livres à lire, de la musique à faire et des chemins de traverse au-dedans comme au-dehors pour prendre congé de toute cette boue quand elle me sera trop insupportable. À distance de cette marre dans laquelle nous barbotons depuis trop longtemps comme des canards sans tête, je suivrai vos ébats malsains.

Je vous rassure mes ami.e.s, de vous, je ne déteste que de cette gangue qui vous enkyste. Et je savoure la chance et les circonstances qui m’ont permis de m’en dégager.